Que sortira-t-il du prochain congrès Socialiste ?

par  M. LAUDRAIN
Publication : août 1985
Mise en ligne : 13 mars 2009

« Le Poing et la Rose », organe du Parti
Socialiste, consacre son numéro de Mai 1985 à la préparation
du congrès national que tiendra le Parti, à Toulouse,
au mois d’octobre prochain. Plus d’une centaine de membres du Parti
ont participé à la rédaction de cette étude
qui comporte 96 pages. Elle s’ouvre par les articles de Lionel Jospin,
Rocard et Mauroy.
Ce qui caractérise cette étude, vraiment collective, c’est
l’incapacité des dirigeants et des militants les plus actifs
de concevoir les mesures institutionnelles qui permettraient de réaliser
la transformation de l’actuelle société capitaliste en
une société socialiste supprimant le chômage et
assurant des revenus suffisants à tous les membres de la communauté
nationale.
L’ensemble des rédacteurs a oublié l’engagement pris par
le Parti Socialiste dans sa déclaration de principes : « 
Il ne s’agit pas, pour nous, d’aménager le système, capitaliste
mais de lui en substituer un autre ». Cet « autre »
n’a jamais été défini par le Parti Socialiste.
Il est même très clair que celui-ci n’envisage aucunement
de sortir la France d’une économie marchande qui engendre, à
la fois, le chômage et l’exploitation des travailleurs.
Dans « Le Projet socialiste », édité par le
Parti Socialiste en 1980, ii n’est pas davantage question de sortir
de l’économie capitaliste mais seulement de « l’organiser »
(Lire la page 206 qui expose « L’organisation des marchés
 »).
Une véritable société socialiste est celle où
les entreprises ne sont plus des « machines à profits »
mais des institutions nationales ayant pour unique mission de satisfaire
les besoins. Le patronat d’aujourd’hui n’y conservera la direction de
l’entreprise que s’il a fait preuve de sa compétence et de son
esprit associatif dans ses rapports avec les travailleurs qu’il emploie.
La Nation, représentée par les pouvoirs publics spécialisés
en matière de gestion, prendra en charge l’ensemble des obligations
financières que l’entreprise d’aujourd’hui doit assumer : rémunération
du personnel, fournitures nécessaires au fonctionnement de l’entreprise,
etc... Alors, le partage du travail entre tous les disponibles deviendra
possible ainsi qu’un partage équitable des productions sorties
des entreprises. Le chômage sera supprimé et une aisance
confortable assurée à tous les foyers.
Est-ce là le plan d’action gouvernementale qu’adoptera le Congrès
de Toulouse ?