Bonne décénnie

par  A. PRIME
Publication : janvier 1990
Mise en ligne : 3 avril 2009

Bonne décennie... Le souhait n’est sans doute
pas superflu après les événements qui viennent
de se dérouler à l’Est et qui vont bouleverser, tout au
long de la dernière décennie du XXe siècle, la
face de l’Europe et probablement du monde. Les chances de voir naître
un véritable socialisme s’éloignerontelles ou se rapprocheront-elles
 ?
Dans son éditorial de la Grande Relève de novembre, M.L.
Duboin, de façon précise et concise, posait parfaitement
le problème :

- "Décidément, les conservateurs
de tous poils sont très forts. Ils ont entrepris de nous faire
confondre le désir, fort légitime, des peuples de l’Est
vers la démocratie avec une soi-doisant aspiration dans ces pays
à voir l’économie de marché y imposer les désordres
du libéralisme économique. "

- "Le drame serait que les peuples qui s’émancipent,
mais n’ont pas l’expérience du libéralisme économique,
soient dupes. Tous les moyens sont déployés pour les tromper.
Auront-ils la sagesse d’y résister et d’inventer le socialisme
démocratique qui n’existe encore nulle part et pour lequel, contre
vents et marées, nous ne cessons de nous battre ?" Ce sont
ces deux points que je voudrais développer.

I.La grande sortie à droite

Dans la Grande Relève de mars 1984, j’avais
écrit un article intitulé "Sortie de crise : à
gauche ou à droite ?". Je disais "Les capitalistes
vont tout faire pour tenter une sortie à droite de la crise.
L’enjeu - la défense de leurs privilèges -leur donne ardeur
et imagination, peut-être plus qu’à la gauche... Une telle
évolution - sortie à droite -n’est pas exclue : il faut
que les gens de gauche en soient bien persuadés pour redoubler
d’efforts ou simplement se ressaisir".
Eh bien, force est de constater que depuis deux ans environ, le capitalisme-libéralisme
est sorti de la crise économique, en laissant les scories que
l’on sait. Mais cela n’est pas son problème, il n’a pas d’états
d’âme.
Les pays capitalistes avaient eu chaud et ils s’estimaient satisfaits
de cette sortie de crise. Or voilà que l’incroyable, l’inespéré
leur est donné par surcroît : l’effondrement en quelques
mois de la quasi-totalité des pays du bloc communiste en Europe.
Les dieux de l’argent et du profit sont doublement du côté
des riches à la veille de la dernière décennie
du siècle. La petite alerte d’octobre 1987 n’est plus considérée
que comme une péripétie.
Ce n’est plus seulement la sortie à droite de la crise, c’est
la grande sortie à droite.
En effet, dans tous les pays "libérés" du communisme,
le maître-mot, c’est : économie de marché. :
- Pologne. On se souvient que Walesa avait dit, il y a quelques mois
que le capitalisme était le seul régime capable de faire
marcher l’économie.

Le POUP (PC polonais), après avoir admis que
"le temps du POUP était dépassé", se
prononce pour "un authentique système parlementaire, la
liberté d’expression, le respect des droits de l’homme, l’économie
de marché et le pluralisme politique".
- RFA. Helmut Kohl, après avoir lancé au Bundestag : "c’est
notre mission nationale de promouvoir un changement politique et économique
radical en RDA." précise que l’aide de la RFA à la
RDA est subordonnée au fait que "l’économie planifiée
cède la place à une économie de marché"
(sic).
- Hongrie, Tchécoslovaquie, dito.
Voilà, c’est clair : pour avoir droit à l’aide de l’Europe
des Douze (et sans doute des Etats-Unis et du Japon) retour à
l’économie de marché. II en sera de même pour tous
les pays de l’Est qui secoueront le joug communiste : qu’on se le dise
 !
Aux émotions, aux enthousiasmes des peuples, en général
sincères, généreux, qui se soulèvent et
pensent faire la révolution, se mêlent, bien entendu, les
trémolos vocaux ou écrits de tout ce que le monde capitaliste
compte de réactionnaire, plumitifs, hommes politiques et hommes
d’affaires, ces derniers souvent plus discrets, mais tapis dans l’ombre
 : les requins sont là qui caressent leur future proie pour la
mieux croquer. Pour eux, la fête populaire n’est pas finie qu’ils
pensent aux "choses sérieuses". C’est le délire
des marchands, la ruée vers l’Est, les "nouvelles Trente
Glorieuses". 140 millions de consommateurs (425 avec l’URSS) çà
aiguise l’appétit. Jugez plutôt : "Les chefs d’entreprise
ouest-allemands se préparent à un nouveau miracle économique.
Flambée des cours de la plupart des entreprises." (Le Monde).
Ecoutons le tout puissant chef de la Bundesbank, Alfred Herrhausen :
"l’absence de barrière linguistique, la communauté
de valeurs et de mentalités sont autant d’éléments
pour qu’une coopération avec la RDA. porte ses fruits beaucoup
plus rapidement qu’avec d’autres pays de l’Est".
Favilla, éditorialiste des Echos, ne se tient plus : "Nous
seuls pouvons assurer le sauvetage économique de l’autre moitié
d’Europe et il se trouve qu’en faisant cela nous nous ouvrons à
nous-mêmes d’énormes réserves d’expansion .... Le
tiers monde n’est pas assez solvable pour soutenir notre développement
..... Nous avions quelques raisons de nous sentir un peu à l’étroit,
confinés. Or voici que s’ouvre à nos portes un continent
quasi neuf .... Pour l’économie française, il est temps
de partir à la fraternelle conquête de l’Est."
Conquête fraternelle : les phari-siens !
Notre Ministre de l’Industrie, Roger Fauroux, n’est guère moins
"lyrique" : "Nous voyons s’ouvrir des marchés
de consommation, il faut s’y précipiter .... Grâce à
la vitrine occidentale de Berlin ,l’Ouest a magnétisé
l’Est". M. Bérégovoy, notre Ministre de l’Economie
et des Finances, s’est cru obligé, lui aussi, d’y aller de son
petit couplet : les pays de l’Est représentent "un grand
gisement de croissance potentielle". II a estimé qu’à
moyen terme "ce qui se passe en RDA. est bon pour l’économie
ouest-allemande, et donc pour l’économie européenne".
Le Japon, bien entendu, veut être de la fête, lui qui dénonce
sans cesse la "forteresse Europe", malgré tout ce qu’il
y vend et achète : d’ores et déjà sont décidées
des aides à la Pologne et à la Hongrie. "Les Japonais
ont le souci de participer à l’effort occidental pour soutenir
le mouvement de démocratisation de l’Europe orientale".
Comme c’est bien dit ! II y a probablement des rapaces qui ont des chants
mélodieux.
En Hongrie, Nissan va conclure un accord pour fabriquer 10.000 moteurs
diésel par an, Suzuki négocie la production d’automobiles,
Datsun compte s’implanter en Pologne, etc... Ce sont des horsd’oeuvre.
Comme en 1789 - que de parallèles n’avonsnous pas entendus entre
1789 et 1989 en ce qui concerne ce qui se passe à l’Est ! - comme
en 1789, les sansculottes auront tiré les marrons du feu pour
la bourgeoisie, la Montagne se sera battue pour la Gironde.

II.Quel espoir pour la décennie qui commence
et le XXIe siècle ?

Il n’est pas facile de faire des pronostics face à
une situation en pleine explosion. Tout au plus, pouvons-nous écrire
des scénarios, émettre des hypothèses. Ou le "drame
du libéralisme" ou "l’invention d’un socialisme démocratique
qui n’existe encore nulle part", pour revenir à l’éditorial
de M.L. Duboin. Petit détail : pour éviter toute confusion
avec le socialisme démocratique et donc la socialdémocratie,
de nos "socialistes", j’utiliserai de préférence
la formule "démocratie socialiste". La révolution
française avait fini par instaurer la "démocratie
politique". II faut se battre maintenant pour la démocratie
socialiste, car, ce que nous vivons ( j’allais écrire "subissons"
) actuellement, c’est la démocratie capitaliste ; c’est pour tromper
son monde que la bourgeoisie s’arrête au mot "démocratie".
Qui oserait soutenir sérieusement que nous vivons en démocratie
authentique, alors que les principes inscrits dans la Constitution ou
la Déclaration des Droits de l’Homme ne sont pas appliqués,
le droit au travail par exemple.?

1) Les dangers

Ils sont multiples
- Le premier, tout bête, serait que Gorbatchev soit renversé,
ou assassiné. Nombreux sont les chefs d’Etats, les hommes politiques,
les journalistes qui ont évoqué cette hypothèse.
Dans ce cas, il y aurait reprise en main brutale en URSS, probablement
par les militaires ; par contre, tout retour en arrière dans
les pays qui ont rejeté le communisme semble impossible. Du reste,
Bush a mis en garde l’URSS contre toute opposition au "processus
de démocratisation en cours dans les pays de l’Est".
- II ne faut pas se faire d’illusion à terme, le pacte de Varsovie
ne tiendra pas (1). Lorsque les pays de l’Est auront ce qu’exige l’Ouest
pour les aider ) procédé à des élections
libres et secrètes, il y a fort à parier que dans l’euphorie
actuelle, les communistes seront minoritaires (cf Pologne). On voit
mal ( sauf accord BushGorbatchev )les nouveaux gouvernements acceptant
la tutelle militaire de l’URSS.
Pour autant, entreront-ils dans une alliance atlantique élargie
 ? Impossible pour l’URSS d’accepter un tel danger à ses frontières.

Par contre, comme le soulignait J. Delors à
"7 sur 7" début novembre, le danger serait grand de
voir des guerres locales éclater, guerres "balkaniques"
tant les problèmes territoriaux, occultés sous la domination
soviétique, restent nombreux et explosifs (2).
- Autre danger majeur : la situation en URSS .Ecoutons Gorbatchev luimême
ou ses conseillers
Gorbatchev en octobre "II faut arrêter l’escalade des phénomènes
négatifs dans l’économie. Cela protégera le processus
de démocratisation (et empêchera) qu’on ne se retrouve
otages des tentatives d’ébranler notre économie .... Nous
avons commencé à perdre le contrôle des choses.
Les nouveaux mécanismes ne sont pas enclenchés alors que
les anciens ne fonctionnent plus... On ne peut pas attendre. Chaque
jour supplémentaire a des conséquences terribles".
Léonid Abalkine, vice premier ministre, déclare qu’on
a envisagé la création d’un marché socialiste (socialisme
de marché) conciliant marché et planification, mais il
avertit "Nous savons vers où nous voulons aller, mais la
phase de transition est le point faible de nos programmes. Nous n’avions
pas défini par quelles étapes il faut passer. .. La situation
va de plus en plus mal chaque mois. Il faut arrêter ce mouvement
et renverser la tendance... Comment arriver à ce que l’opinion
nous croie et nous fasse confiance ? ".
La longue grève des mineurs de Vorkouta fait craindre de manquer
de charbon cet hiver. N’oublions jamais que, si les penseurs préparent
le terrain pour les grandes révolutions, c’est souvent pour un
simple manque .de pain que le peuple se met en branle(3).
Et que dire de l’autre grave danger que Perestroïka et Glasnost
ont fait naître : le réveil des nationalités quia
déjà causé des troubles mortels.?
A notre avis, Gorbatchev n’est plus maître du jeu : "ces
événements nous dépassent, feignons d’en être
les organisateurs" écrivait Cocteau. Gorbatchev est assez
malin pour récupérer au maximum le développement
des événements. Mais le pourra-t-il toujours ?
Les économistes réunis par Gorbatchev fin novembre ont
conclu qu’il faudrait six ans pour sortir du marasme économique,
ce qui est en contradiction avec les déclarations de Gorbatchev
et Abalkine que nous venons de citer. II est clair que Gorbatchev ne
sera pas mécontent de n’avoir plus à aider économiquement
les pays du bloc communiste : l’URSS ne le peut plus si elle veut garder
une chance de réussir chez elle. Mais quel boomerang sur le plan
politique et militaire !
- Les pays du tiersmonde seront sûrement les grands sacrifiés
de la ruée vers l’Est. Nous avons vu ce que dit Favilla. Le Monde
du 28 novembre titre un article : "L’ouverture de l’Europe orientale
et le jeu du marché détournent du tiersmonde, notamment
de l Afrique, les entreprises et les gouvernements" (4). Mitterrand,
questionné sur les demandes d’effacement de la dette de la Pologne,
répondait en substance : "Impossible. Que diraient les pays
du tiersmonde, bien plus pauvres que la Pologne ?".
Les capitalistes n’écouteront que leurs intérêts
 ; il est à penser et à souhaiter que les pays du tiers-monde
davantage appauvris et abandonnés n’écoutent, eux aussi,
que leurs intérêts et explosent
- La réunification de l’Allemagne pose problème. Après
l’euphorie de la chute du mur, les têtes froides ont réfléchi.
Un pays de près de 80 millions d’habitants, une capacité
industrielle double de celle de la France, une puissance financière
semblable à celle du Japon et unique en Europe, voilà
ce à quoi demain l’Europe sera confrontée. D’ores et déjà,
les documents ou graphiques parus dans la presse nous montrent une RFA
solidement implantée dans tous les pays de l’Est (Ostpolitik),
loin devant tous les autres et notamment la France. De plus, "pour
les investisseurs américains, l Allemagne sera le Cheval de Troie"
(Le Monde 29 novembre).
En ce qui concerne la réunification, à peine Mitterrand,
au soir du Sommetrepas des Douze, avait-il affirmé que la question
n’était pas d’actualité que, dès le lendemain,
les premiers slogans "Allemagne, Patrie Unie !", "Nous
sommes UNE Allemagne" apparaissaient. Peu après, le 28 novembre,
Kohl lançait son plan qui n’est autre que le schéma des
étapes menant à la réunification. La "grande
maison commune", chère à Gorbatchev, pourrait bien
avoir une "maison de gardien" cossue et incontournable : RFA
+ RDA.
En résumé, l’Allemagne, jusqu’ici tenue pour un nain politique
(la tête et les jambes, la tête étant cette France
arrogante au-dessus de ses moyens), pourrait bien être tentée
de jouer un rôle prépondérant dans une Mitteleuropa
(5), gonflé des pays de l’Est actuels, étroitement liés
à son dynamisme, voire à ses bienfaits, sur le plan économique.
L’Europe des Douze deviendrait pour elle une sorte de gadget (6) en
dépit des protestations patelines de fidélité.
Dangereuse militairement un jour, une telle Allemagne, prolongée
par des "satellites" à l’Est jusqu’aux frontières
de l’URSS ? Personne ne veut y penser. Et pourtant, si l’URSS se raidissait
(coup d’état militaire par exemple) et revenait à un communisme
pur et dur ? Car ce qui est irréversible dans les pays de l’Est
ne l’est pas en URSS, compte tenu de son importance, de sa situation
géographique et de sa puissance militaire.
Nous reviendrions alors à la case départ, au lendemain
de la guerre 1914-1918. Qui peut jurer qu’alors la même croisade
ne recommencerait pas, avec éventuellement in fine une guerre
classique (pour commencer) ? Oui, qui peut le jurer ?

2) Une démocratie socialiste à inventer

Après avoir examiné le plus objectivement
possible la situation nouvelle créée par l’effondrement
du communisme dans les pays de l’Est, peut-on encore espérer
voir naître la démocratie socialiste ? Reste-t-il un créneau,
si petit soit-il, pour un tel rêve, alors que du Nord au Sud et
d’Ouest en Est, le libéralisme submerge la planète et
retrouve un second souffle à l’Est ? Peuton faire nôtres
les paroles rassurantes de Régis Debray : "le capitalisme
démocratique reste bon maître du terrain. II s’abuserait
lui-même en supposant qu’il le contrôle et que son histoire
s’arrête avec son triomphe. Son indéniable victoire du
moment pourrait bien porter dans ses flancs sa propre défaite
à long terme". Et il met en garde :’7e libéralisme
est un redoutable danger culturef’.
Des petites lueurs apparaissent :

- Dans "Lu-vu-entendu" de la G.R. de décembre,
nous avions relaté l’interview dans l’usine OMIG en Pologne,
privatisée depuis quelques mois : 25% de licenciements, salaires
bloqués "pour cause de compétitivité".
- Delors, à "7 sur 7", début novembre, a révélé
qu’une enquête faite auprès d’Allemands ayant quitté
la RDA pour la RFA depuis plusieurs années, montrait que, s’ils
préféraient la RFA pour la liberté et le niveau
de vie, ils regrettaient la RDA pour l’éducation, la santé,
la protection sociale.
- Nous avons vu, à la télévision, des Allemands
rentrant en RDA après quelques années passées
à l’Ouest, avouant qu’ils ne pouvaient plus supporter de vivre
dans un pays où régnaient l’injustice et le chômage.

Petites lueurs certes, mais qui montrent que tout
n’est pas rose aux pays du libéralisme. Le chômage, les
bas salaires "pour cause de compétitivité",
voilà ce à quoi ne s’attendent pas, tout à la joie
de la libération du communisme, tous ces manifestants des pays
de l’Est qui s’acheminent vers l’économie marchande.
Au mieux, dans ces pays, une socialdémocratie pourrait récupérer
les désenchantements et toute l’Europe se retrouverait capitaliste,
avec sur la gauche, des gens, partis et syndicats, se battant pour des
réformes.
Sauf orientation imprévue (7), l’Europe toute entière
repart, pour 50 ans ou plus, avec un bail capitaliste.

Il faudra se battre, car le libéralisme ne lâchera
pas aisément sa proie ; cheminement classique, après le
communisme, il dénoncera, essaiera de baillonner la socialdémocratie
elle-même et toute force de progrès "subversive",
en un mot, tout ce qui entravera ses objectifs économiques, sociaux
(régression), militaires, culturels.

Conclusion

L’URSS - en Europe- apparaitrait alors comme le dernier
rempart à l’avancée libérale ; à condition
qu’elle trouve très rapidement la voie de la démocratie
socialiste et, d’abord, redresse son économie et désamorce
les tensions trop nombreuses qui sont apparues dans les républiques
fédérées. C’est l’étape la plus urgente.
Et si, dans cinq ans, dans dix ans, - alors que pays capitalistes et
tiersmonde connaitront de plus en plus chômage et misère
(y compris les pays de l’Est actuels, s’ils ne trouvent pas une voie
originale vers la démocratie socialiste) - l’URSS n’apparait
pas comme un pôle, un espoir pour les déshérités
de l’Ouest et du Sud, bref, si elle ne réalise pas enfin ce que
tant de gens, ouvriers, paysans, intellectuels attendaient d’elle en
1917, alors elle tombera à son tour dans l’escarcelle libérale.
La guerre cessera - relativement - faute de combattants, mais alors
il faudra des décennies pour que les peuples de la planète
retrouvent les rivages du socialisme. On serait alors tenté de
paraphraser Robespierre, le 9 Thermidor, empêché de parole
par les crapules Tallien, Barras, Fouché... "le socialisme
est perdu, les brigands triomphent’.
Certes, la République a fini par triompher ... près d’un
siècle plus tard ! Comme un jour, très lointain sans doute,
le capitalisme finira par subir un désastre comparable à
celui du communisme aujourd’hui.

(1) Dés le 30 novembre, le premier ministre
tchécoslovaque souhaitait le retrait des troupes soviétiques.
(2) On mesure ce à quoi peuvent conduire les revendications ethniques
ou territoriales quand on voit ce qui se passe avec le Haut Karabach
en URSS.
(3) En Tchécoslovaquie, on a inventé un faux mort, avec
un nom qui n’a jamais existé, pour exciter l’ardeur des foules.
(4) Un expert de la Banque Mondiale a déclaré :"Si
l’on accorde des crédits à l’Est, ce sera au détriment
des pays pauvres d’Afrique et d’Amérique latine".
(5) "Aujourd’hui, une course de vitesse eest engagée entre
le délitement de la Communauté européenne et son
renforcement" (G. Fuchs, Député européen PS,
dans le Monde du 16 novembre)
(6) PNB (RFA + RDA)= 30°/ du PNB de la CEE.
(7) Paroles réconfortantes entendues dans la bouche de jeunes
Allemands de l’Est, le 29 novembre sur TF1 :"Nous sommes contre
la réunification parce que nous craignons ce que nous voyons
à l’Ouest : drogue, chômage" ou "Il y a beaucoup
de bonnes choses ici qu’on n’a pas à l’Ouest ou "l’Est n’est
pas à vendre à l’Ouest".