Financement de T.U.C. en monnaie de consommation

par  H. MULLER
Publication : janvier 1990
Mise en ligne : 3 avril 2009

Le mode d’emploi en est connu de longue date (1). II
semblerait, pourtant, qu’il reste ignoré des principaux protagonistes
qui, en ordre dispersé, s’efforcent aujourd’hui de mettre en
place une solution au double problème des excédents et
du chômage, peu conscients du résultat qu’obtiendrait une
coordination de leurs intitiatives, associée à l’usage
d’une monnaie de consommation.

Les éléments de l’opération ?

- Des bénévoles assurent déjà
la collecte de surplus dans le cadre des "banques alimentaires",
surplus distribués sans contrepartie, sous forme de colis,
à des personnes nécessiteuses.
- A Marseille, tout récemment, c’est la municipalité
qui, rassemblant les lots d’excédents dans des locaux spéciaux
aménagés en "supermarchés", offre le
choix à consommer par leur mise en vente pour un franc symbolique,
aux ayants-droit.
- Lors de leur congrès, les Ingénieurs des Arts et Métiers
ont suggéré d’utiliser les chômeurs pour des T.U.C.
financés par prélèvements sur les hauts revenus
(profits boursiers et commerciaux).
- Enfin, l’apparition de la "carte à puce", susceptible
de jouer le rôle d’une monnaie de consommation gagée
par les excédents, devrait apporter le Deus ex machina qui,
visiblement, fait défaut à toutes ces initiatives éparses,
erratiques.

II s’agit de créer une monnaie parallèle,
non transférable, neutre, s’annulant à l’achat, pour un
marché parallèle réservé à des consommateurs
marginaux, capable à la fois d’écouler toutes quantités
d’excédents voués à la destruction, de remettre
des chômeurs au travail contre un salaire complémentaire
s’ajoutant à leurs indemnités, enfin de procurer aux collectivités
un appoint de ressources pour financer, sans appel aux contribuables,
un ensemble de prestations utiles dénuées de rentabilité,
allégeant de surcroit leur budget social.

Qu’ajouter de plus ?

Comment convaincre les responsables de l’urgence d’assurer
cette coordination en y intégrant la pratique d’une monnaie de
consommation ?
Faut-il attendre que fermentent plus longtemps des impatiences lourdes
de menaces pour la stabilité des institutions ?

(1) "Un pool international des excédents"
(Rev. Ingénieurs ICAM 1955). "L’aide économique et
la double monnaie" (Débat à la Jeune Chambre économique
internationale 14 décembre 1956). "L’économie du
don. Son mode d’emploi" (Rev. Confluents n° 13- juin 1957).
"La carte de crédit. Son utilisation en monnaie de consommation
pour les banques de nourriture en faveur des nouveaux pauvres"
(L’écho de la Presqu’île 11 janvier 1985).