Les joies de l’économie des ressources

par  F. BRADBURY
Publication : janvier 1990
Mise en ligne : 3 avril 2009

Nous avons commencé dans notre numéro 881 et poursuivi dans notre numéro 883 la traduction d’une proposition de réformes qui nous vient du Royaume-Uni tendant à substituer aux multiples taxes en vigueur une taxe unique basée sur l’énergie. Voici la suite de cette traduction :

3.4 On mesure très facilement le contenu en
énergie (physique, différent de sa valeur monétaire)
de tous les matériaux à l’aide de procédures bien
établies ou à partir de tables en fonction de leur poids
ou de leur volume. La déclaration en énergie sur les documents
d’import-export (qui peut être constestée par les producteurs
indigènes sur justification du véritable contenu en énergie)
ne serait qu’une simple procédure douanière dans toutes
les transactions commerciales et les mouvements de marchandise en gros.
Bien que tous les utilisateurs d’énergie ou de produits énergétiques
adopteront sans doute des procédures d’audit en énergie
(défia disponibles) pour des raisons d’efficacité économique,
c’est l’État qui évaluera et appliquera la Taxe Unique
mais une fois seulement : à la source économique. Aux
frontières européennes (ou nationales) on applique la
Taxe unique sur tous les mouvements de marchandises (entrant ou sortant)
suivant des taux conformes aux "normes industrielles" en agrégeant
ainsi les produits composites tels que les moteurs d’automobiles qui
renferment une grande variété de matériaux qui,
pris séparéments, auraient des Contenus Légaux
en Énergie Primaire différents. Ces taux sont calculés
de façon à incorporer toutes les pertes de conversion
et de fabrication qui supportent donc la Taxe Unique. Quoiqu’on puisse
s’attendre à ce que cette procédure améliore les
rendements de conversion (par exemple, la récupération
de l’énergie perdue dans les torchères dans les puits
de pétrole), il faut en fait s’assurer que tous les points de
taxation sont égaux. C’est essentiel pour que le commerce intérieur
et extérieur ne soit pas discriminatoire. Le reste, comme nous
le verrons, est pris en compte naturellement et équitablement
à mesure que l’énergie se diffuse dans l’économie
des ressources dans toutes les activités humaines.

3.5 Des combinaisons des Énergies Primaires
Légales précédentes sont appliquées à
, ou contenues dans, toutes les ressources matérielles et tous
les produits (cuivre, fer, acier, aluminium et tous les autres métaux ;
tous les plastics ; l’électricité, le pétrole et
toutes les énergies (secondaires) raffinées et fiouls ;
le papier peint, les textiles synthétiques, les engrais artificiels,...).
On ajoute aux matériaux naturels tels que les tissus de coton
des Contenus en Energie Primaire Légaux pendant leur fabrication
comme on le fait pour les briques, le ciment, le verre, les céramiques
et tous les matériaux de construction ainsi que pour les industries
de services. Le Contenu en Energie Primaire Légal peut provenir
de l’énergie utilisée ou perdue dans l’extraction, la
fabrication, le traitement et le transport (contenu en énergie
"selon la valeur" ou "latent") ou être dû
à l’énergie "intrinsèque" contenue dans
et transférée à partir de l’Énergie Primaire
Légale ellemême. D’une manière ou d’une autre, cette
valeur énergétique totale, supportant le coût ajouté
par la Taxe Unique, diffuse vers les industries de services, les travaux
de bureau, la publicité, la radiodiffusion et finalement vers
tous les consommateurs. En tant que taxe sur les ressources, la Taxe
Unique s’applique donc à toutes les consommations qu’elles soient
de produits tangibles ou non : du fioul brut pour le chauffage aux services
bancaires. Le législateur n’a cependant pas ici à se méler
des définitions légales parce que l’utilisations des énergies
de l’économie des ressources tend tout naturellement à
s’optimiser dans une économie de marché libre. Cette caractéristique
intrinsèque et incontournable résoud complétement
les problèmes complexes mentionnés en (1,2.3), (2.2) et
(4.1).

3.6 Le gouvernement aura à assurer une planification
adéquate et la sécurité publique, à réglementer
la localisation et la sécurité des turbines à vent,
les émissions de fumées et à protéger le
bien être public général. La fraude fiscale sera
détournée au profit d’initiatives alternatives d’épargne
qui devront, pour la plupart, être encouragées. Une grande
partie de la législation est défia en place. Les charges
législatives et administratives seront même décimées
si l’on tient compte de ce que, comme nous nous orientons vers la "valeur
sociale" des ressources matérielle, les politiciens apporteront
quelques complications moralisatrices dans des domaines tels que les
droits sur les alcools, le tabac,... et chercheront à donner
(ou à prendre) des avantages sélectifs à leurs
propres préférences du moment (nucléaire, vent,...).
Comme nous allons le voir, on n’aura plus besoin d’oeuvres de bienfaisance
sélectives "d’allocation de fioul" et autres pénibles
quoique bien intentionnées protections de l’État.

4. L’ÉCONOMIE DES RESSOURCES

4.1 Ayant établi les règles fondamentales,
revenons sur notre affirmation "toute création de richesse
est une fonction de la consommation totale d’énergie". Cela
parait simple mais c’est, bien sûr, incroyablement complexe. L’efficacité
avec laquelle l’énergie est transformée en "valeur
ajoutée" varie largement et, en effet, on peut tout à
fait dépenser de l’énergie dans des actions manquées
ou destructrices, ou, osera-t-on le suggérer, l’utiliser de manière
extravagante et égoïste dans certaines activités
de loisirs consommatrices de puissance (et bruyantes). Une grande partie
de l’activité économique est orientée vers des
industries " à coûts ajoutés" qui consomment
énormément sans apporter grand chose au bien-être
humain. Classer, et cataloguer, ne parlons pas de mesurer, des activités
aussi diverses serait une tache redoutable. Cependant nous avons ici
une expression qui est essentiellement économique parce qu’elle
définit un ingrédient universel - un coût- dans
toute "création de richesses" à la fois tangibles
(marchandises) et intangibles (services), dans toute activité,
même dans tous les processus conflictuels de manière inéluctable.
Cette mesure du coût (quoique indirecte) est essentielle dans
la conception d’un système économique capable de s’auto-optimiser.

(à suivre)