La retraite à plus de 67 ans !

par  J.-M. BLANCHARD
Publication : janvier 1990
Mise en ligne : 3 avril 2009

Oui !Chers lecteurs de la Grande Relève, vous
avez bien lu ! Cette phrase est tirée du bulletin trimestriel
de la Mutualité Gardoise de septembre 89.
A quelle date est-il possible de fixer l’achèvement de toute
activité professionnelle ?Cinquante cinq ans ? Soixante ? Ou
soixante cinq ? Certainement soixante sept pour les années 2000
 !
Gros problème : le financement des régimes de retraites
parait s’effriter. On envisage même de prolonger la durée
de cotisation. En bref, la jeunesse devra payer afin de permettre le
renflouement des caisses qui, à leur tour, reverseront aux "vieux".
Solidarité sociale de notre système arrivé à
épuisement !
Vieillissement démographique oblige l’Europe prend de l’âge
et la jeunesse se fera rare, parait-il, d’ici 2025... La baisse de la
natalité arrive à son comble dans nos pays industrialisés.
Et pour cause ...
Aujourd’hui, seulement aujourd’hui !Nos plus grands dirigeants commencent
à se soucier d’un tel problème de financement ! "Pour
la seule année 1992, il faudra trouver 96 milliards de francs.
Un exercice de calcul fort compliqué qui pousse à la recherche
de solutions nouvelles".... (Pourtant elles sont si simples, désarmement
pourquoi pas ?...)
Inutile d’être Futuribles pour prévoir et comprendre tout
cela. Inutile de s’attaquer à de gros et savants calculs pour
savoir qu’un tel système ne peut avoir d’avenir dans un futur
proche ! Un simple coup d’oeil objectif sur le nombre grossissant des
chômeurs, auquel vient s’ajouter celui des futurs inactifs, nous
donne toutes précisions utiles.
Une seule solution à retenir : changement de système.
Mais voilà, nos ministres se battent afin de préserver
le système économique actuel, tous convaincus qu’il peut
encore résister au temps et qu’il reste infaillible.
C’est un peu comme si à l’époque du TGV, nous nous contentions
encore de la diligence !...
Bien sûr, des solutions existent, plus humaines ; mais la seule
qui est retenue par certains passe par l’éventuelle prolongation
du temps de travail. Alors que nous nous battons depuis des années
afin d’avancer l’âge de la retraite ! ....
- Réduire le montant des pensions impensable, à l’heure
où le SMIG ne fait plus vivre personne et pourtant combien en
sont malheureusement encore là (Peugeot : un exemple !).
- Augmenter les cotisations : impossible, déjà salariés
et entreprises s’épuisent. Et le plan de reprise du marché
du travail, que deviendrait-il ? (actuellement pas grand résultat
me direz-vous !).
- Le projet d’Yvon Chotard soumis à l’automne 88 est bien pire
 : Ce Monsieur "estime qu’il faudra avoir cotisé plus de
150 trimestres actuels pour avoir une retraite complète. Celle-ci
serait calculée sur l’ensemble de la carrière et non plus
sur les dix meilleures années." Malheureusement les chômeurs
de longue durée ou longues maladies trinqueraient. (II est si
simple de culpabiliser ces gens là ! Comme s’ils n’avaient pas
assez souffert contre leur volonté !...).
De toute cette pagaille, il ne ressort que le côté rétrograde
 : augmentation de la durée de travail comme de l’âge de
la retraite.

En conclusion, une seule phrase m’a parue positive,
celle d’un grand chirurgien, le Professeur Jean-Paul Binet. Celle-ci
s’adresse aux jeunes qui entrent dans la vie active (ce seul mot me
fait peur !) : "Dès que vous posséderez votre métier,
n’en soyez pas l’esclave, sinon, il ne vous lâchera pas ou, pire,
vous ne pourrez le lâcher".
Apparemment, bon nombre de nos dirigeants sont déjà atteints
par cette "maladie de la retraite", à moins que la
place soit si bonne qu’ils n’osent la quitter prématurément
 !
41.000 frs pour un ministre, cela donne peutêtre envie d’aller
au bout du rouleau !... A suivre... Mais au fait, peut-être sontils
devenus des robots ? ... Malin non !