Incompatibilité

par  M.-L. DUBOIN
Publication : juin 2020
Mise en ligne : 4 octobre 2020

Quand on s’applique à voir le bon côté des choses, on peut remarquer que la pandémie et le confinement nécessaire qu’elle impose, ont été l’occasion de réfléchir.
Et qu’on a en outre la chance de pouvoir discuter par téléphone…

C’est ce qui m’a permis d’avoir une longue conversation avec mon amie Solange qui se dépense sans compter, et depuis longtemps, en militant au parti socialiste.
Nous n’avons pas eu à discuter de nos aspirations, car ce sont les mêmes. Elles se résument en quelques mots : nous voulons que la société humaine soit conviviale, que les richesses y soient équitablement partagées.

Alors quelle différence entre nous ? — Nous n’avons pas eu à chercher bien longtemps  : quand je lui ai dit « est-ce qu’avec les gens que tu essaies de convaincre, tu abordes la question de la monnaie en montrant en quoi socialisme et monnaie capitaliste sont incompatibles ? » Elle m’a aussitôt répondu : « Ah, non, en économie, je n’y connais rien ».
J’ai eu beau lui dire qu’on n’échappe pas à l’économie, qu’on est tous et toujours en plein dedans, qu’elle-même y baigne dès qu’elle va faire ses courses… Rien à faire, « je ne veux pas savoir », ou « je ne peux pas savoir », et elle a ainsi fermé tout échange.

Hélas, elle n’est pas seule à avoir pareille attitude, qui explique bien des choses : les économistes ont réussi à convaincre qu’ils sont tellement calés qu’il faut les croire sur parole, ce qui leur permet d’élaborer de fumeuses théories, infondées, mais devant lesquelles, en général, on s’incline.

C’est ainsi qu’on arrive, comme Solange, à dépenser beaucoup d’énergie pour convaincre qu’une société peut être socialiste et … continuer à utiliser la monnaie capitaliste !
Alors que c’est un non-sens ! Puisque l’objectif du socialisme, c’est une société solidaire, conviviale, au sein de laquelle les richesses produites sont équitablement réparties entre tous ; tandis que l’objectif du capitalisme, c’est l’augmentation d’un capital, la monnaie capitaliste étant conçue pour ça  : plus ce capital est gros, plus il a les moyens de grossir !
Dans un cas, c’est “on partage” , dans l’autre c’est Tout le contraire : “le plus possible pour moi et tant pis pour les autres”.
Donc une société est ou bien socialiste, ou bien capitaliste, mais pas les deux ! L’échec du socialisme à la Staline, qui était un capitalisme centralisé, en est la preuve.


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.