Investissement et chômage

par  H. MULLER
Publication : juillet 1986
Mise en ligne : 24 juin 2009

Le but du capitalisme n’a jamais été
de procurer des emplois. Il vise, essentiellement, à développer
l’accumulation des profits, clé du système. En économie
libérale, échappant au dirigisme étatique, le profit
assure, prioritairement, les revenus des détenteurs des moyens
de production et de distribution, ceux des investisseurs et des professions
indépendantes. Chacun s’efforce ainsi, pour accroître son
gain, de comprimer les coûts, souvent aux dépens des salaires,
du fisc et de la sécurité, de la qualité, et de
vendre là où les prix sont les plus rémunérateurs.
De l’emploi, les Multinationales ne s’en soucient qu’en vue de l’utiliser
au moindre coût en le mobilisant, de préférence,
dans les pays à bas revenu. Quant aux importateurs, ils attachent
plus d’importance au profit qu’à l’emploi, sacrifié à
la concurrence.

Le niveau de l’emploi est étroitement associé
à celui des débouchés. Sur les marchés convoités,
la compétitivité joue sur la qualité et sur le
prix. Pour améliorer sa compétitivité, l’entreprise
doit investir et, souvent, recourir au crédit. On entre ainsi
dans un cercle vicieux. Les amortissements industriels et financiers
des investissements générateurs d’emplois, chargent les
coûts et le profit tend à enfler les prix.

On souhaite du plaisir aux experts économiques
qui, depuis la crise des années 30, s’efforcent de trouver, dans
le cadre des idées reçues, la solution à ce problème
du carré rond. Sourds à tout projet économiquement
révolutionnaire, ils se refusent à épouser leur
temps, à porter le bistouri dans des usages monétaires
désuets, cause première de la plupart de nos maux.