L’équipement du monde

Publication : 19 juin 1939
Mise en ligne : 14 juillet 2006

 EN CHINE

Malgré la guerre et à cause de la guerre, l’équipement de la Chine se poursuit. Grâce à de l’outillage anglais et américain, les mines de fer, d’étain et de tungstène ont été réorganisées complètement. Une fonderie d’acier a été créée dans le Szechuan et une autre est en construction près de Chimg King.

Cent mines d’étain sont exploitées au lieu de 48 ii y a deux ans. L’industrie cotonnière complètement détruite et aux mains des japonais, se rétablit dans les régions non occupées. 200.000 broches et 1.000 métiers ont déjà été remontés.

Un effort considérable a été accompli en ce qui concerne les chemins de fer. La ligne reliant le Yunnan à la Birmanie doit fonctionner en 1941. Celle du Yunnan à l’Indochine voit son trafic s’accroître sans cesse.

Près de 1.000 milles de lignes locales sont en construction. Un effort gigantesque est entrepris pour amener cet immense pays au niveau des peuples occidentaux.

 EN IRAN

Voici, communiqués par le Temps, quelques chiffres se rapportant au développement rapide de l’industrialisation dans ce pays.

Agriculture. Coton : la superficie ensemencée a passé de 52.700 hectares en 1935 à 257.000 hectares en 1938. Ces résultats pourront être considérablement augmentés par des travaux d’irrigation.

Industrie. 8 sucreries pour le traitement de la betterave ont été construites. 21 filatures pour les cotonnades. La production du pétrole est passée de 5.900.000 tonnes en 1930 à 11 millions de tonnes en 1938. Une grande raffinerie a été construite à Kermanchah. Une usine métallurgique avec deux hauts fourneaux pour le traitement du minerai de fer est en construction près de Téhéran.

Voies de communication. Le réseau de routes atteint aujourd’hui 18.000 kilomètres et permet au trafic automobile d’atteindre toutes les provinces. Quant aux chemins de fer, le Transiranien d’une longueur de 1.394 kilomètres, reliant la mer Caspienne au golfe Persique, est maintenant achevé, malgré les difficultés techniques considérables qu’il a fallu surmonter, notamment l’escalade de la chaîne de I’Elbrouz, à 2.500 mètres au-dessus de la Caspienne. A peine le Transiranien était-il terminé, que déjà la grande ligne transversale ouest-est était commencée. Reliant à travers l’Iran, par Tabriz et Mesched, le réseau russe au réseau des Indes Anglaises, elle permettra sous peu d’aller directement par chemin de fer de Calais à Calcutta.

Inutile de dire que cet équipement s’est fait sous le double signe de l’autarcie (le financement du Transiranien notamment a été entièrement assuré par de l’argent iranien) et de l’étatisation ; part prépondérante de l’Etat aussi bien dans l’industrie que dans le commerce et les finances ; monopole de presque tout le commerce extérieur, contrôle de changes, système des trocs. et...

Décidément, le Persan de Montesquieu devrait chercher ailleurs que chez nous des sujets d’étonnement ou d’admiration !

 AU CHILI

Une commission spéciale géologique et industrielle chilienne étudie en ce moment les gisements de minerai de fer qui viennent d’être découverts non loin de Talca, à cinq heures de chemin de fer de Santiago. Ces gisements, dont le minerai contient du vanadium, suffiraient à une exploitation de 50.000 tonnes par an pendant 50 ans. Il est question d’édifier à pied d’œuvve des hauts fourneaux électriques, des aciéries et des laminoirs.

On envisage d’obtenir des machines et les installations nécessaires à cet effet contre des livraisons de minerai.

 EN TURQUIE

Le sous-sol de la Turquie est extrêmement riche en chrome, plomp cuivre, lignite et charbon. En ce qui concerne le chrome, la Turquie et le premier pays fournisseur de l’Europe. Sa production a été de 163.000 tonnes en 1936. Elle est le troisième producteur du monde, venant après la Rhodésie et l’Union Sud-Africaine : la plus grande partie de cette production est exportée vers l’Allemagne (58.400 tonnes en 1937) et la Suède (45.900 tonnes en 1937).

Pour ce qui est du charbon, de nouveaux gisements ont été découverts il y a quelques semaines, près des mines de fer de Divrik. Nul doute qu’un centre métallurgique n’y soit rapidement créé. L’accroissement de sa production de houille va, de plus, libérer la Turquie des importations allemandes.

Sa position géographique fera d’elle le fournisseur naturel de I’Egypte, de la Roumanie, de la Grèce et de la Hongrie Pour le charbon, le cuivre et le fer. Enfin, la Turquie a exporté en 1937, 12.000 tonnes d’émeri (environ 7.000 tonnes en 1938).

 SYRIE

Les Syriens sont devenus producteurs de coton en 1924. Devenus producteurs de coton, ils ont voulu devenir fabricants de cotonnades. On a commencé par monter à Alep deux usines de fabrication de filets de coton, l’une de 6.000 broches, l’autre de 10.000. Une troisième usine est actuellement en cours de construction à Damas.

Ainsi, première étape, culture de la plante ; deuxième étape, fabrication de filets de coton et, enfin, troisième étape, tissage.

On a installé des métiers modernes et construit des fabriques nouvelles de lissage à Tripoli, Alep, et bientôt une troisième à Damas. L’industrie est en plein essor et songe déjà à... exporter.


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.