Même écho en Angleterre ?

par  M.-L. DUBOIN
Publication : juin 1988
Mise en ligne : 15 juillet 2009

J’ai été contactée, il y a quelques
mois, par le promoteur d’un mouvement anglais qui s’intitule "Resource
Economics", ce qu’on peut traduire par l’économie des ressources
et qui est basé sur une taxation unique, celle de l’énergie.
Pour eux "toutes les ressources économiques et toutes les
consommations économiques doivent être évaluées
en énergie" (dont l’unité n’est pas la calorie mais
le Joule, quelle que soit sa forme, y compris !a chaleur. Mon correspondant,
Farel BRADBURY, résume son point de vue par un slogan lapidaire
 : "toute la création de richesse est fonction de toute la
consommation d’énergie". De plus, son propos se déclare
égalitariste "chacun partage, sans sélection, la
prospérité nationale et chacun paie, sans exception, sa
part" (de travail). F. Bradbury ajoute : "La relation entre
énergie et monnaie est facile à établir parce que,
de toute façon, la monnaie est une commodité arbitraire...

Tout ce que nous proposons est d’appliquer une évaluation
sociale à l’énergie". Et il précise que sa
proposition d’une économie des ressources commence en Europe
et (ou) au Royaume-Uni par le simple remplacement de la T.V.A. par la
taxe unique de 1,15 £ (livre anglaise) par gigajoule (un milliard
de Joules) d’énergie fondamentale.
Ce mouvement, bien qu’il ait entrepris d’ajouter l’allocation universelle
à ses propositions, diffère fondamentalement de nos aspirations,
en ce sens que son objectif est... de donner du travail aux hommes :
faire travailler les hommes afin d’économiser les ressources
énergétiques de la nature ! Remonter l’histoire en quelque
sorte. Dans une lettre récente, F. Bradbury me démontrait
que la fabrication d’un meuble à la main coûtait beaucoup
moins d’énergie qu’un meuble fabriqué en série,
que ce dernier était forcément moins beau et moins solide,
donc qu’il fallait plus vite le remplacer, d’où gâchis
écologique.
Il y a déjà beaucoup à répondre à
cela. Et ne pas oublier que l’économie à laquelle on pense
n’est pas pour hier, mais pour l’ère qui s’ouvre celle où
l’informatique est au service de l’homme pour trouver le moyen de fabrication
le plus économique, tant en matière qu’en énergie,
et où le travail humain sera presque essentiellement celui de
son cerveau. Comment calculer le prix, en joules par exemple, d’un logiciel,
d’un système expert ou d’un moteur d’inférence ?