Proudhon

Publication : juillet 1990
Mise en ligne : 14 avril 2008

En 1990, l’enseignement oublie :

Citations extraites de "Philosophie de la misère ou système des contradictions économiques" publié en 1846 par PierreJoseph Proudhon :
"L’économie politique est l’organisation de la misère  ; et les apôtres du vol, les pourvoyeurs de la mort, ce sont les économistes.
La misère n’est-elle pas le résultat d’une fausse manoeuvre  ? Le travail ne manque pas puisque sur tous les points le besoin de subsister, par conséquent de travailler, se fait sentir. Le subsistances ne manquent pas non plus, puisque de toutes parts on se plaint de l’engorgement des produits, qui s’avilissent faute de débouchés, faute de gens qui les paient, faute de salaires.
Singulière économie que la nôtre, en vérité, où le dénuement résulte continuellement de l’abondance.
Depuis 50 ans, observe E. Buret, la richesse nationale en France a quintuplé, tandis que la population ne s’est pas accrue de moitié, d’où vient qu’au lieu de se réduire proportionnellement, la misère s’est accrue ?
Les économistes ont reconnu implicitement que la misère avait d’autres causes que la surproduction des enfants (surpopulation). Comment notre richesse ayant quintuplé, notre population ne s’étant accrue que de 50 °/, y a-t-il encore parmi nous des pauvres ? Que l’on me réponde, avant de chercher quel nombre d’habitants pourra tenir le globe !
Economistes, vous osez nous parler de misère ! et quand on vous démontre, à l’aide de vos propres théories, que si la population se double, la production se quadruple en conséquence le paupérisme ne peut venir que d’une perturbation de l’économie sociale, au lieu de répondre, vous accusez, ce qu’il est absurde d’appeler en cause l’excédent de population.

Quand nous développons en votre présence le mécanisme de l’usurpation propriétaire, de la fiction capitaliste et du vol mercantile, vous fermez vos yeux pour ne point voir, vos oreilles pour ne point entendre, vos coeurs pour ne pas céder à la conviction ; l’iniquité du siècle vous est plus précieuse que le droit du pauvre, et vos intérêts de coterie passent avant ceux de la science.
Nous avons démontré précisément ce que Malthus ne soupçonnait pas, savoir que, dans une société

organisée, la production de la richesse et des subsistances est en progression plus rapide que la population.
Economistes, vous n’êtes occupés que d’une conjoncture tout à fait hypothétique où la population
surabonderait sur le globe, et vous détournez sans cesse les yeux du mal réel.
La misère a pour cause immédiate, non pas le surcroit de population mais les prélèvements du monopole. La misère, sous un régime comme le nôtre, ne manquera jamais de se produire, soit que la population avance, soit qu’elle recule. La preuve de cette assertion se trouve à chaque page de ce livre.
Que l’activité individuelle succombe sous l’autorité sociale, l’organisation dégénère au communisme et aboutit au néant. Si, au contraire, l’initiative individuelle manque de contre-poids, la civilisation se traine sous un régime de castes, d’iniquité et de misère."

(envoyées par Etiradilos)


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.