Trop simple !

par  P. BUGUET
Publication : novembre 1980
Mise en ligne : 13 mai 2008

« Trop simple ! » nous rétorque-t-on parfois. Cette objection évasive ne rebute cependant pas une publication internationale de grande diffusion les Editions Time Life n’hésitent pas à consacrer un ouvrage à l’éclaircissement de ce problème qui, paraît-il, pêche par « défaut d’hermétisme ». Dans le tome le « Vingtième Siècle », de leur collection « Les grandes Époques », après avoir retracé l’évolution des civilisations, du néolithique à nos jours, ce travail collectif s’attache à l’étude de l’évolution de notre civilisation occidentale sous la poussée du progrès des techniques. A une documentation de valeur, succèdent des déductions qui suivent la voie de nos propositions.

Après avoir décrit l’évolution de la civilisation mondiale durant les dernières décennies, les rédacteurs s’interrogent sur la bouleversante accélération du progrès, et après une série d’observations rigoureuses, ne peuvent refuser d’aborder les solutions qu’impose l’état de fait créé par les nouvelles techniques de production.

Citons-les :

« Peut-être la société du XXe siècle est-elle à la veille d’une mutation aussi révolutionnaire que celle qui fit abandonner aux hommes la chasse pour l’agriculture comme base de leur vie quotidienne. Il est certain que si la mécanisation intégrale de la production alimentaire (technique déjà développée aux Etats-Unis et en Europe) se répand sur toute la terre, la base des sociétés humaines changera de façon radicale. »...

- Encore des utopistes !

« ...Depuis l’époque néolithique, où les hommes ont appris à cultiver le sol, l’écrasante majorité de la population mondiale est faite d’agriculteurs. Mais dans une société où des machines conduites par un petit nombre de spécialistes pourraient fournir la nourriture que produisent aujourd’hui les agriculteurs - et le feraient à moindre coût et probablement avec un rendement supérieur - IL NE SERAIT PLUS NECESSAIRE QUE LA MAJEURE PARTIE DE L’HUMANITÉ CONSACRAT SON EXISTENCE A TRAVAILLER LA TERRE. Des hommes peuvent vivre désormais, nous en avons de multiples exemples, dans des villes distantes de milliers de kilomètres de l’endroit où leurs aliments quotidiens ont été récoltés sans pour autant manquer un repas ou risquer d’avoir faim - A MOINS QU’ILS NE SOIENT REPOURVUS D’ARGENT. »

Cette dernière observation reste étrangère à tous ceux qui, aggripés à la malédiction d’Adam (« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »), ressassent inlassablement : plein emploi ! plein emploi ! Condamnant par là au travail forcé à perpétuité, ceux qu’ils prétendent libérer quel que soit leur génie inventif. Mieux vaut, professent-ils, faire dépendre la solvabilisation du consommateur d’un problématique salaire que d’envisager un REVENU SOCIAL, pour tout individu, au prix, seulement, de simples mesures comptables à imaginer. Cette carence des candidats gouvernants ne devient-elle pas criminelle quand la mécanisation élimine le travail humain ?

Combien d’esprits indépendants, seulement soucieux d’instruire, devront-ils encore se manifester, pour nous éviter la catastrophe ?...


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.