"L’alternative" et "Le projet espérance"

par  M.-L. DUBOIN
Publication : octobre 1976
Mise en ligne : 11 mars 2008

Je me propose d’entreprendre ici l’analyse des deux derniers livres de Roger Garaudy : « l’Alternative » publié chez R. Laffont en 1972 et « Le projet espérance », sorti cette année.
Ces deux ouvrages qui m’ont enthousiasmée me paraissant une telle mine de réflexion que je ne pense pas qu’il soit suffisant d’en parler dans cette rubrique, même en plusieurs fois. Il faudrait que tous ceux qui peuvent se les procurer en entreprennent la lecture afin qu’une sérieuse discussion de fond, que j’ai déjà amorcée avec l’auteur, puisse se poursuivre ici. J’ai conscience de faire là à M. Garaudy, que je ne connais pas, une publicité gratuite, mais je pense que nos lecteurs ne m’en voudront pas quand ils auront fait la découverte enrichissante de ce travail courageux.
« L’alternative » est introduite par ces mots :
« Notre société est en train de se désintégrer  ».
« Une transformation fondamentale est nécessaire ».
« Elle ne peut s’accomplir par les méthodes traditionnelles  ».
Une crise de cette ampleur, pour être résolue, exige plus qu’une révolution : une mutation radicale non seulement du régime des propriétés et des structures du pouvoir, mais de la culture et de l’école, de la religion et de la foi, de la vie et de son sens ».
Ce livre commence par le problème de la jeunesse qui est apprécié dans toute sa profondeur. Ce n’est plus un problème de lutte entre les générations ou de prise de conscience politique. Il y a un refus, par la jeunesse, de tout avenir octroyé, de toute subordination de la vie à la technique, au lieu de subordonner la technique à l’homme.
En lisant l’analyse critique des structures du capitalisme, j’ai cru retrouver la plume de Jacques Duboin. Nos lecteurs n’auront donc aucun mal à comprendre comment « l’absence de finalité humaine dans l’économie et dans la société en général découle du principe même du capitalisme ».
« Comment a-t-on pu aboutir à une telle désintégration de la société et de l’homme ? » demande R. Garaudy, qui répond : « Par la souveraineté du marché happant dans ses mécanismes le travail, la terre et l’argent  ».
Le « suspense » atteint pour nous un maximum quand il parait annoncer le système distributif par ces mots : « Ce n’est pas seulement la notion du marché qui est condamnée mais celle du salariat qui en découle »... « le développement actuel des sciences et des techniques de production exige que le travail, manuel ou intellectuel, cesse d’être une marchandise ».
Malheureusement, on lit ensuite : « Il ne s’agit nullement de supprimer le marché, mais au contraire de sauver les valeurs nées du marché ». Ce qui paraît contenir une certaine contradiction.
On voit donc que tout ceci amène une discussion fondamentale qui, j’en suis certaine, peut être très fructueuse pour tous. II semble manquer fort peu au socialisme autogestionnaire de Garaudy, pour rejoindre parfaitement le nôtre. Nous y reviendrons donc.


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.