Le point sur le revenu garanti en Europe

par  M.-L. DUBOIN
Publication : janvier 1987
Mise en ligne : 23 juillet 2009

Dans la C.E.E., un revenu minimum est garanti dans
la plupart des pays, la France, la Grèce et l’Italie faisant
exception.
Partout, ces allocations sont de durée illimitée. Elles
sont considérées comme un droit et sont largement attribuées :
en 1983, 4,3 millions de ménages en GrandeBretagne, 1 million
en Allemagne Fédérale, 600000 aux Pays-Bas (où
elles sont conditionnées à la recherche d’un emploi) en
bénéficiaient.
Le montant varie. Il peut atteindre 7000F par mois aux Pays-Bas pour
une famille ayant deux enfants, 6 000 F en Allemagne. Il est nettement
plus faible au Danemark, en Belgique (« le minimex ») en
Irlande, en Grande-Bretagne où il va de 3 600 à 4 300
francs.
Le financement est en général assuré par l’Etat.
En Belgique et aux Pays-Bas, les communes y participent.
Dans les pays retardataires où la loi ne garantit pas un revenu
minimum, certaines villes en Italie et en France (Nîmes, Saverne,
Besançon) assurent ce minimum par prélèvement sur
leur budget. Le plan « pauvreté » n’étant
pas encore au point en France (1) la situation des allocataires est,
partout en Europe, meilleure que celle d’une famille française
similaire.
La reconnaissance du droit à un revenu garanti apparaît
bien parallèle au développement du chômage en Octobre
1984, la proportion de chômeurs sans travail depuis au moins deux
ans était de 42 % en Belgique, 30,6 % aux Pays-Bas, 28,6 en Italie,
22,5 % en GrandeBretagne, 14,1 % en Allemagne Fédérale,
10,3 % en France.
La Belgique est donc en tête. Est -ce pour cela qu’autour du collectif
Charles Fourier, elle est le siège d’une réflexion sur
le revenu garanti, évoluant vers l’allocation universelle décrite
page 9.

(1) Voir ci-dessus. dans l’Editorial.