Même en année électorale, le service public de la radio doit être impartial

Mise en ligne : 31 juillet 2006

Radio France est encore un service public, c’est donc un espace médiatique qui n’a pas pour but celui qui a été décrit par le patron de TF1, Patrick Le Lay, comme consistant à préparer les cerveaux humains pour les rendre disponibles aux annonceurs de publicité.

Ce service public, qui se doit d’être politiquement neutre et impartial, est pourtant en proie à de curieux remaniements, comme s’il s’agissait d’y mettre en place des journalistes capables de préparer les cerveaux des auditeurs à voter plutôt dans un sens que dans un autre.

Son actuel président est Jean-Paul Cluzel, Inspecteur général des finances, longtemps collaborateur de Jacques Chirac, intime d’Alain Juppé et récemment reconverti au sarkozysme. Il n’a pas fait mystère, dans un entretien au Figaro Magazine, de ses idées « de droite, catholiques et libérales ».

Depuis son arrivée, marquée par une brutale reprise en main provoquant le départ de personnalités emblématiques comme Pierre Bouteiller et Jean-Luc Hees, c’est près de 400.000 auditeurs qui ont quitté France Inter en moins de deux ans. Après le 29 mai 2005 en particulier, 250.000 auditeurs environ ont quitté l’antenne et n’y sont pas revenus. Il est vrai qu’au cours de la période qui a précédé la campagne pour le référendum sur la constitution européenne, la tranche dite du “7/9” (entre 19 à 21 heures) s’est distinguée par un soutien déchaîné et sans contrepartie au OUI.

Dans le même temps l’émission de Daniel Mermet, « Là-bas si j’y suis », gagnait 45.000 nouveaux auditeurs.

Cette émission a donc une excellente audience. Estimée à 500.000 auditeurs, elle est l’une des rares qui soit en augmentation à France-Inter.

Et pourtant, un premier bruit a d’abord couru, selon lequel cette émission, qui passe actuellement à 17 heures, allait être placée à 15 heures, c’est-à-dire dans une tranche horaire qui est deux fois moins écoutée, quelle que soit la radio.

Et aux dernières nouvelles, elle serait complètement supprimée à la rentrée de septembre...!

Non justifiée par un manque d’audience, cette suppression est donc une manifestation de mépris, non seulement envers l’équipe qui anime cette émission, mais aussi envers le public qui, de toute évidence, appréciait de pouvoir, grâce à elle, être « à l’écoute de la différence ».

Pour que cette voix de résistance ne soit pas étouffée, comme tant d’autres, une pétition est proposée sur Internet.

Installée depuis le 16 juin à 23 heures, elle avait déjà recueilli, en neuf jours, ce 25 juin au soir, 103.143 signatures.


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.