Ôte-toi de là que je m’y mette (bis) !

par  P. WENDLING
Publication : octobre 1999
Mise en ligne : 3 décembre 2005

On ne recherche plus la vraie cause du chômage et encore moins les causes en cascades. On réfléchit encore moins à la suppression de ce fléau, et c’est tout juste si une recherche est entreprise pour le rendre un temps soi peu acceptable... Tous ces disciples de la pensée unique, y compris “gauche”, veulent faire croire qu’il n’y a que le marché pour faire fonctionner la société, qu’il est la condition de la démocratie, qu’il n’y a pas de démocratie envisageable en dehors de la logique de marché. On a tout bonnement oublié que le moteur du marché est le PROFIT, le plus fort et le plus rapide, quitte à passer sur des cadavres... La dite “gauche” participe à faire croire qu’il n’y a plus ni patron ni patronat, mais qu’il n’y a que des gestionnaires d’entreprises. Comme si l’acte de gérer était neutre et n’avait rien à voir dans l’économie marchande avec l’exploitation et la domination.

On en arrive à ne plus dénoncer les inégalités, pourtant en augmentation foudroyante. Les organisations syndicales de gauche sont devenues complices en abandonnant la mesure des besoins. Ce n’est pas qu’il n’y a plus de besoins mais la mise en avant des besoins des SDF et autres RMistes et Smicards apparait trop en décalage avec ce que la société veut bien leur concéder...

La vraie démocratie politique a été supprimée par la dictature du marché libre et donc des finances. Le pouvoir politique est devenu le sous-produit du pouvoir économique... Les actes du gouvernement actuel et les “arbitrages” successifs de Jospin restent rigoureusement respectueux de l’économie libérale ...

L’économie est pourtant faite pour satisfaire les besoins de l’Homme et non l’Homme pour satisfaire la soif de profit des privilégiés de l’économie marchande ! N’oublions jamais que l’économie marchande ne connaît que les clients...qui ont de l’argent pour payer. Assurer la survie de cette économie de gain c’est multiplier les agression contre l’Homme. Il faut lutter pour le remplacement de l’économie marchande par l’économie des besoins, l’économie distributive des richesses. Une telle économie ne peut naître que dans le cadre d’une planification démocratique où le recensement des besoins est décentralisé, réalisé dans des structures proches du peuple, et non dicté par un appareil de Parti unique comme nous l’a montré l’échec de l’U.R.S.S.

Il faut commencer par dissocier le salaire de l’emploi et enlever aux patrons la faculté de disposer du droit à la vie de beaucoup de personnes.

L’abolition du chômage sera possible quand les politiques le voudront réellement. Je fais partie de ceux qui veulent transformer les ANPE en entreprises de service public où tous les chômeurs auraient le statut de salarié permanent avec des contrats de travail à durée indéterminée. Ces “ANPE - entreprises” répondraient contre facturation aux besoins en main-d’œuvre des entreprises, des collectivités et des particuliers...

Les utopistes sont ceux qui pensent qu’une société de vraie justice et de vraie liberté peut naître et se développer sans sortir de l’économie des gains et des profits, où le malheur des uns fait le bonheur des autres ! ... L’utopie c’est continuer à croire qu’on peut “gagner sa vie” en détruisant le monde !


Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.