Socialiser l’abondance

par  le G.R.H.A.P.
Publication : avril 1988
Mise en ligne : 16 juillet 2009

Jean Belaubre et Jean Damblans du groupe de recherches
des Halles de Paris (GRHAP) (ainsi nommé uniquement en raison
de sa localisation) ont présenté à la réunion
du Comité de la Grande Relève du samedi 30 janvier, la
situation des études effectuées par leur groupe, préparées
par l’un mais discutées par tous et mises sous une forme provisoire
non exhaustive.
L’atelier réunit une petite équipe de camarades à
des titres divers mais de formation et d’activités variées
et possédant tous une certaine culture politique. Cette équipe
ne souhaite en aucune sorte se substituer aux groupes abondancistes
existants. Elle pense seulement en conclusion de ses travaux qu’il serait
éminemment souhaitable que soit constitué un ou des groupes
rédactionnels d’un ouvrage de référence présentant
l’analyse et les solutions abondancistes, pour permettre d’entreprendre
ultérieurement une action plus concrète à définir
avec les camarades qu’une forme d’activité éventuellement
plus politique intéresserait.
L’expérience prouve surabondamment en effet qu’il est impossible
de charger les autres de présenter/défendre notre analyse
et de tendre à la concrétisation de nos conclusions...
"Il faut aller soi-même au charbon".
L’établissement d’un tel ouvrage de la classe, pour fixer les
idées, de la "Théorie Générale"
de J.M. Keynes (Payot) ou de "Capitalisme-socialisme et démocratie"
de J. Schumpeter (Payot) (si comme nous l’espérons nous en avons
la possibilité intellectuelle) impliquerait pour un homme seul
un travail d’un certain nombre d’années avec évidemment
tous les défauts et lacunes que présenterait une telle
production (sauf pour son auteur d’être enseignant et de ce fait
de pouvoir actualiser en permanence ses références et
débattre à la continue de ses réflexions avec des
interlocuteurs informés et valables).
Pour aboutir rapidement serait envisagée la création d’un
groupe de travail par chapitre du livre en projet, suivant le sommaire
provisoire proposé sur lequel nous pourrions nous mettre d’accord
rapidement. Ces groupes de travail constitués seront évidemment
susceptibles d’intégrer à tout moment tout spécialiste
que chacun d’entre nous dans son entourage intéresserait au travail
en cours.
En matière de forme, pour fixer les idées, les études
scientifiques, économiques actuelles, l’histoire nouvelle (entr’autres
celles de L. Febvre, M. Bloch, F. Braudel, J. Le Goff, G. Duby) nous
ont habitués à des exposés où chaque idée
avancée a été confrontée à celle
de scientifiques, d’économistes, d’historiens, de sociologues
ou autres, si bien qu’un ouvrage comme par exemple : "Le problème
de l’incroyance. La religion de Rabelais" de L. Febvre - Ed. Albin
Michel comporte 25 pages de références bibliographiques
et la liste ne serait pas exhaustive, de même "Les origines
d l’économie occidentale" - Ed. Albin Michel de R. Latouche
comporte quelque 60 pages de références bibliographiques.
Ainsi en parodiant L. Febvre dans le livre précité, page
323 pourrait-on écrire : "Supposons un homme exceptionnel...
qui se montre capable de devancer d’un siècle ses contemporains,
de formuler des vérités qui ne seront tenues comme telles
que cinquante, soixante ou cent ans plus tard... où trouvera-t-il
des appuis ? Nous serons bien forcés de nous rallier à
deux conclusions :
"L’une, que ce qu’a pu dire cet homme n’importe pas... Car nier
c’est dire posément, calmement les raisons qui ne doivent pas,
ne peuvent pas être fragmentaires mais constituer un faisceau
véritable de raisons cohérentes, s’étayant l’une
l’autre et reposant les unes et les autres sur un faisceau de constatations
scientifiques concordantes. Si ce faisceau ne peut être formé,
la négation est sans portée".
"Seconde conclusion : parler d’abondance à une époque
où contre une économie capitaliste, aux prises universelles,
si les hommes les plus intelligents, les plus savants ou audacieux ne
trouvent pas d’appui, c’est un peu parler d’une chimère".

"Quels sont donc les appuis de l’abondancisme ?
Dans l’histoire ? dans les sciences physiques, économiques, monétaires,
dans les technologies à leur point de développement actuel
 ?..."
Il ne s’agit pas d’énoncer le problèmes des excédents
agricoles rapportés par Newsweek seulement comme ils se présentent
pour nous abondancistes mais bien de les situer dans leur contexte national
et international. Comment oser parler de ces excédents sans avoir
lu sinon parcouru les Rapports généraux sur l’activité
des Communautés Européennes et pour mémoire : "La
politique agricole des États-Unis d’Yves Gazzo - préface
M. Rocard - Revue Economica ainsi que l’article : "La faillite de
l’agriculture américaine dans un monde sous-alimenté"
Florence Baugé - Le Monde diplomatique - Janvier 87, les articles
d’Henri Vallet et de Claude Servolin dans le Monde diplomatique de février
88 ?
Un document disponible : "Synopsis d’un livre à paraître
sur la socialisation de l’abondance" a été établi
antérieurement par le GRHAP. Nous le résumons brièvement
 :
1) Naissance, développement, épanouissement puis dépérissement
obligé de l’économie capitaliste :
L’économie antique- les origines de l’économie occidentale
 : économie de subsistance et naissance de l’économie de
marché. Apparition du capitalisme. L’épanouissement de
l’économie capitaliste et sa dynamique - son dépérissement
obligé en particulier de l’intérieur.
2) La critique de l’économie politique : ses objectifs actuels
et ses limites obligées du fait même de ses objectifs.
3) L’histoire de la Monnaie et des Monnaies : définitions et antinomie
des usages : détermination/expression de la valeur - moyen d’échange
- accumulation et spéculation. -Analyse des possibilités
et perspectives de la monnaie, (du numéraire), électronique
et de la géofinance.
Nécessité de restaurer l’instrument d’échange :
historique des monnaies de consommation.
4) Les options politiques actuelles L’option néolibérale :
historique-finalitémotivation réelle et perspectives.
Les options socialistes et social-démocrate.
5) La mutation en cours - ses preuves Les données statistiques
de l’OCDE prouvent la pertinence de notre analyse. Mais il faudrait
reprendre contact avec les auteurs d’études conjoncturelles pour
entendre leurs arguments - les développer et réfuter si
besoin.
6) Les difficultés des hommes à se rendre intellectuellement
disponibles et ouverts aux idées nouvelles, quel que rationnelles
qu’elles puissent paraître, et être, effectivement.
7) Quelle organisation dans la période de transition nécessaire :
-Secteur de la nécessité - nationalisé pour la
production aussi automatisée que possible des produits abondants
reconnus socialement utiles - monnaie de consommation millésimée.
- Secteur de l’autonomie - production en régime de capitalisme
libéral sans intervention de l’Etat - monnaie nationale.
8) Monnaie (de préférence : numéraire) de consommation
 : (mais ce terme numéraire impliquerait un exposé qui
sortirait du cadre de ce bref article). Définition et moyen d’émission.
Méthode de régulation du rapport : monnaie de consommation
(en circulation) /monnaie nationale (en circulation). (Réalisation
d’une simulation pour confirmer les modalités d’introduction
de la monnaie de consommation et les possibilités de régulation
envisagées.
9) Examiner les répercussions et incidences au plan international
de l’instauration d’une telle monnaie de consommation nationale.
10) Conclusion : Les politiques pourront-ils vaincre leur incurie, dépasser
leur pusillanimité et leur égocentrisme.

-Un certain nombre de dossiers ont été
établis et discutés avec indication des bibliographies
de référence. Ils seront à reprendre, à
compléter éventuellement et à rédiger.
-Choisissez le ou les rubriques susceptibles de vous intéresser
dans l’ordre.
Pour une information qui vous paraîtrait nécessaire, demandez-nous
préalablement les deux documents : " Socialisons l’abondance"
et "Synopsis d’un livre à paraître". Prix 10
F franco l’un.