Un budget national alternatif pour le Danemark

par  E. VAN DAMME
Publication : avril 1987
Mise en ligne : 21 juillet 2009

Une communication faite par Niels I. Meyer au cours
de la conférence de Louvain-la-Neuve en septembre 86 présenta
un budget national alternatif pour le Danemark incluant un revenu de
base garanti.
Ce projet de budget se base sur un certain nombre de présupposés
qui seront très probablement devenus réalité vers
les années 2020, à savoir
a) la productivité aurait augmenté de 50 %.
b) les gens auraient tendance à mettre à profit 40 % de
cette croissance pour avoir plus d’heures de liberté et 10 %
pour plus de biens matériels.
c) tous les citoyens de 17 ans et plus recevraient un revenu de base
net de ± 32 000 FF par an. Les jeunes en-dessous de 17 ans auraient
la moitié ou moins, selon l’âge. Une famille de deux adultes
et deux enfants recevrait ainsi 95 000 FF par an sans fournir aucun
travail,
d) 20 % des citoyens en âge de travailler auraient choisi de n’avoir
d’autre revenu que le revenu de base.
e) des 80 % restants, une grande majorité aurait choisi le régime
de travail moyen, c’est-à-dire ± 27 heures/semaine, avec
un revenu de ± 176 000 FF par an, toujours pour une famille de
deux adultes et deux enfants.
Les autres auraient opté pour la semaine de 40 heures avec un
revenu de ± 206 000 FF pour le même type de famille (tous
ces montants sont nets, sans aucune retenue fiscale).
f) l’argent nécessaire pour les dépenses publiques proviendrait
des taxes sur les profits des entreprises.
g) la moitié du budget serait consacrée au revenu de base,
mais l’état aurait à payer beaucoup moins de salaires.
En effet, cette moitié du budget représente déjà
une partie de ces salaires et de plus, la suppression de nombreux services
tels que ceux des retraites, des allocations familiales et du chômage
allègerait les charges de l’Etat.
h) la dette publique du Danemark aurait été réduite,
en partie, grâce à l’emploi d’énergies renouvelables,
ce qui permet de réduire l’importation de carburant.

L’auteur conclut par deux remarques :
1) les revenus proposés à ceux qui travaillent sont suffisamment
élevés pour constituer une motivation sérieuse,
ce qui réfute une critique souvent formulée à l’égard
du revenu de base.
2) ce système ne peut s’intégrer dans une société
connaissant de grandes inégalités économiques.
Une nouvelle philosophie politique, favorable au partage du travail,
est donc nécessaire.