Vers un renouveau citoyen

par  R. WINTERHALTER
Publication : août 2005
Mise en ligne : 1er novembre 2006

Les alternatifs d’Alsace (Maison de la Citoyenneté Mondiale, 20, rue Paul Schutzenberger 68200 Mulhouse Tel/Fax : 03 89 33 97 86 Email : sur wanadoo.fr, mcm.arso et r.winterhalter) tiennent le coup. Ils entendent continuer l’action et les débats qui ont conduit au succès du Non du 29 mai :

L’Europe ultra libérale, celle des gestionnaires du capitalisme (qu’ils soient de droite ou de gauche) a été rejetée par une grande majorité de citoyennes et de citoyens. Les électrices et les électeurs avaient été habitués à mettre leur voix dans les urnes et à se taire ensuite, jusqu’à la prochaine échéance électorale. Et voilà que brusquement ces voix se sont réveillées même avant de tomber dans les urnes. Elles ont réfléchi, critiqué et... elles ont osé proposer une autre Europe, celle des peuples, celle où des hommes et des femmes apprennent à se rencontrer, à se comprendre, à s’enrichir de leurs diversités, à rêver, à construire ensemble une société différente.

Ce résultat électoral est en train d’être décortiqué, analysé par les ténors de la politique politicarde. Mais en suivant les débats de la télévision, on sentait qu’un monde séparait les professionnels de la politique du peuple. On avait nettement l’impression que les uns et les autres jouaient des rôles, qu’ils cherchaient à marquer des points et prévoir des alliances, mais en se moquant totalement des aspirations populaires. Et ce phénomène se retrouvait également dans le camp des Non. En les écoutant, on pouvait en effet se demander ce que nous avons de commun avec des Fabius, Emmanueli et consorts : rien, absolument rien, ou ... si peu.

Par ailleurs, il y a également nos alliés de la gauche critique : le PC et la LCR. Certes, il faudra continuer à nous battre avec eux, mais ne pas se résoudre à nous battre derrière eux, car notre but n’est pas de permettre au PC d’être plus crédible face au PS, en prévision de la prochaine échéance électorale. Notre but est de construire un réseau de résistance, à la fois souple, crédible et différent de l’organisation classique. Je viens d’apprendre qu’en Lorraine on a mis en place un Front de l’Humanité et je dois dire que je m’y retrouve totalement.

Ce Réseau, ou ce Front, devra permettre à des femmes et des hommes, organisés ou pas, de se retrouver, de se battre ensemble pour la construction d’une société fraternelle et humaine.

Le dénominateur commun qui nous rassemblera ce sera l’adhésion à des valeurs fondamentales du partage du pouvoir, du savoir et de l’avoir, à des solidarités agissantes, etc....

En Alsace, nous venons de lancer l’idée de la création (à tous les échelons de la vie publique, c’est-à-dire au niveau de nos quartiers, de nos villes et villages et de nos régions) de comités de renouveau citoyen, permettant à des personnes ou des groupes de personnes de se retrouver, de réfléchir, d’expérimenter une autre manière de vivre, de travailler et de construire une Europe et un monde plus fraternel et plus humain.

En ce qui nous concerne, nous profiterons de notre proximité avec l’Allemagne et la Suisse pour amplifier les rencontres transfrontalières. Dans cet esprit, nous avons appelé toutes les associations et les partis ayant porté ce Non de gauche à se réunir rapidement, pour défendre publiquement les valeurs qui ont motivé ce combat et ne pas laisser la classe politique traditionnelle et les médias, répandre l’idée d’un Non essentiellement chauvin, voire xénophobe, nationaliste et replié sur lui-même.

Dans cet appel, nous avions lancé une idée qui se résume par cette petite phrase : « la politique c’est l’affaire de tout le monde ».

En disant cela, j’ai conscience de me répéter, mais la preuve est faite aujourd’hui que mon message est toujours d’actualité.

Il existe, en effet, un espace où nous pouvons nous affirmer et dépasser le stade de supplétifs à de soi-disant grandes organisations.

Si nous adoptons cette démarche, nous existerons, nous répondrons à des aspirations véritablement populaires.

Quant aux échéances électorales, eh bien, elles se situeront dans ce cadre. Il faudra réussir à faire cohabiter des personnes dont les uns veulent s’investir dans des démarches de démocratie active, alors que d’autres voudront s’impliquer au niveau de la démocratie représentative : l’un n’empêchera pas l’autre. C’est ainsi qu’émergeront des candidats à la candidature, qui seront portés par un véritable courant populaire et cette démarche sera totalement différente de la pratique habituelle, qui consiste à ce qu’une minorité soi-disant éclairée, désigne un porte-parole, un candidat idéal et demande ensuite aux braves militants de le soutenir.

Voilà quelques idées que j’avais envie de partager avec mes Camarades Alternatifs, en espérant enfin qu’elles soient suivies d’effet.