Aux armes citoyens !

par  A. PRIME
Publication : juin 1987
Mise en ligne : 20 juillet 2009

Guerre Iran-Irak. 1980-1987 (et ce n’est pas fini
 !) ; 1 500 000 morts ; coût : 400 milliards de dollars ; 40 nations
qui se bousculent pour fournir des armes à l’un ou l’autre des
belligérants, et souvent aux deux. C’est que, rien que pour l’Europe,
l’industrie de guerre représente 750 000 emplois (dont 300 000
pour la France).
La France "socialiste" devait réduire considérablement
le temps de service militaire (de 1 an à 6 mois) et les fabrications
d’armes (souvenez-vous de la première visite symbolique de Mitterrand
au Salon de l’Aviation du Bourget : les avions avaient été
désarmés). Mais chômage et balance commerciale obligent
 : le tiers de nos ventes d’armes à l’étranger sont absorbées
par l’Irak. Dans ce cas-là... Et si nos Exocets coulent des navires
amis, tant mieux : les chantiers navals sont en crise.
Ne mentionnons l’Amérique de Reagan que pour attirer l’attention
sur l’hypocrisie du croisé antiterroriste contre Lybie-Iran...
Quel décalage entre le bombardement de la Lybie et l’Irangate !
Tout le monde est présent : U.R.S.S., Chine, Corée du
Nord, U.S.A., France, Brésil, Argentine, Israël, Afrique
du Sud, Corée du Sud, Inde... Et par pays interposés :
R.F.A., Suisse, Italie, Pakistan. Ajoutons les plaques tournantes marchandes
 : Portugal, Angleterre, Thaïlande, Paraguay, Belgique, Singapour...
et même la Suède. Si les cadavres du fric ont une patrie,
les pourvoyeurs n’en ont pas.