Égocentrisme primaire

par  C. BUGUET-MELANÇON
Publication : mars 2002
Mise en ligne : 27 janvier 2007

Les réflexions qui suivent proviennent d’un lecteur Canadien. Il témoigne de ce qu’il a lui-même observé au cours d’un séjour qu’il vient de faire aux États-Unis :

Le débat entre Jean-Claude Pichot et Marie-Louise Duboin m’est apparu très sain. En effet, il était salutaire que chacun aille au bout de ses idées sur ce que les Américains appellent le "nine-eleven", les événements du 11 septembre. Et je souscris parfaitement à l’analyse de MLD sur les responsabilités des autorités américaines dans ce drame effroyable et dans tant d’autres sur notre planète mondialisée.

Je reviens d’un séjour d’un mois (janvier dernier) aux Etats-Unis. L’évidence de l’égocentrisme et du nationalisme primaire de trop de citoyens américains saute littéralement aux yeux. Un nombre effarant de voitures arborent le drapeau étoilé, les casquettes, blousons, chemises en sont décorés, une partie importante des habitations le font claquer fièrement au vent. On est bassiné par l’apparition constante des slogans God bless America et United we stand dans l’affichage public et privé, autant qu’à la télévision. Les meilleurs journalistes des médias écrits et visuels pratiquent sans états d’âme l’autocensure. On ne peut quasiment pas critiquer un seul mot des propos de Bush sans passer pour traître à la patrie. Seules quelques voix isolées osent mettre des bémols sur les décisions iniques de l’Administration, et elles sont vite rabrouées avec violence.

La septième plus grande compagnie mondiale, Enron, vient de faire faillite avec éclat. Ses dirigeants utilisaient une comptabilité truquée par leurs comptables (Arthur Andersen). Ils en ont profité pour vendre leurs actions au plus haut, réalisant un bénéfice de 1,1 milliard de dollars. Puis ensuite, des milliers de leurs employés ont tout perdu de leur cagnotte de retraite car cet avoir était entièrement constitué d’actions d’Enron, dont la valeur est tombée à zéro en quelques jours. Des hommes et des femmes au bord de la retraite, qui doivent se chercher du travail et qui perdent maison, voitures, etc. Il faut savoir que cette fameuse société Enron Energy, basée à Houston et liée aux plus gros intérêts pétroliers a versé des sommes pharamineuses à la campagne électorale de la clique Bush. Et le président le plus mal élu de l’Histoire a eu le culot de dire que ce n’est pas joli de spolier ainsi les employés de leur retraite, mais... que voulez-vous, dans un monde "libre", il faut assumer les conséquences de ses mauvais choix ! Et le public américain de gober ces propos, à preuve la popularité jamais vue du président (80% d’approbation). Je suis convaincu qu’une grande partie des citoyens de ce pays se déresponsabilisent, ne se posent jamais de questions, sont persuadés d’avoir Dieu toujours de leur côté. Ils avalent goulûment toutes les couleuvres que G.W. leur présente, comme dans son dernier discours du 21 janvier sur "l’état de l’Union".

Même les plus virulents opposants démocrates (Hillary Clinton, par exemple), se sentent obligés de l’applaudir. Oussama ben Laden a fait la gloire de ce petit caporal au grand détriment de la majorité de la population mondiale.


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.