Restons optimistes !

par  M.-L. DUBOIN
Publication : mars 2002
Mise en ligne : 27 janvier 2007

  Sommaire  

La façon dont l’administration américaine traite les prisonniers qu’elle détient à Guantanamo donne l’impression que la civilisation régresse. Comment se prétendre les défenseurs du "Bien" en employant des méthodes de barbares ? Et que dire de ces perfectionnements "modernes" de détension ? Le discours de G.W. Bush sur l’état de l’Union, fin janvier, son escalade vers une guerre mondiale, après son refus de tout engagement qui, pour tenter de sauver l’environnement, pourrait limiter un tant soit peu l’expansion du modèle américain, ont dû en inciter plus d’un à désespérer plutôt qu’à résister. Et là n’est pas le moindre des dangers. Pour ma part, j’avoue qu’en lisant la lettre d’un lecteur totalement bouché qui m’écris que je fais de "l’anti-américanisme primaire", je me suis demandé si cela valait la peine de se donner tant de mal pour être à ce point compris de travers. Parlons-nous une langue impossible à comprendre ? Abordons-nous vraiment des questions qui n’intéressent personne ? Les esprits sont-ils totalement paralysés par la télévision du style loft story et par la publicité, qui, elle, dispose d’énormes moyens de persuasion ? On pourrait le penser quand on voit le peu de réflexion que suscitent, y compris de la part des lecteurs, car nous avions tentés de les stimuler, les campagnes électorales : elles devraient, au moins, amener les citoyens adultes à poser quelques questions, par exemple à propos de la soi-disant modernisation (= privatisation) des services publics... Alors, c’est la campagne-spectacle à l’américaine qui va l’emporter ?

Heureusement qu’il y avait d’autres messages au courrier, dont les deux témoignages de lecteurs Canadiens qu’on trouvera ci-dessous, et qui vous réchauffent le coeu r. Grâce à eux, nous ne nous laisserons pas abattre. D’ailleurs il semble que Dabeliou soit allé tellement trop loin que même au sein de gouvernements européens une lueur de contestation de ses méthodes semblerait enfin se manifester.

 

Quel avenir couve, en ce monde si mal parti ? Début février, bien des regards se sont tournés vers Porto Alegre, espérant, non sans angoisse, que du second Forum Social Mondial (FSM) allaient enfin sortir des propositions constructives pour un autre monde possible. On en jugera par les deux déclarations finales, celle de l’ensemble du Forum et celle des parlementaires, que nous reproduisons à cette fin. Deux preuves que le refus de la mondialisation néolibérale commence à être pris au sérieux : les médias ont beaucoup plus parlé du second FSM que du premier, et, par contre, le FEM de Davos à New-York semble avoir perdu son attrait pour certains "meneurs" de la World company... Mais ne nous y fions pas. Si à Porto Alegre se manifeste une très grande volonté "contre" il serait illusoire d’en attendre un projet qui fasse l’unanimité "pour" une autre mondialisation. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il faille chercher une autre mondialisation, sauf pour régler les problèmes qui sont évidemment de nature globale (ceux liés à l’environnement par exemple). Mais, tout en résistant à celle qu’impose le marché financier, l’important n’est-il pas de veiller à ce que chaque civilisation puisse disposer des moyens de s’épanouir selon ses aspiration propres et sans entraver celle des autres ? L’actuelle mondialisation commerciale est prônée par les pays riches à seule fin de trouver à l’extérieur de nouveaux marchés pour leurs productions. Celles-ci sont plus que suffisantes pour y éradiquer la misère, à condition de partager autrement les richesses produites. Il serait donc temps de se demander comment, mais cela implique de mettre en cause la formation et la distribution des revenus.

 

Justement, un colloque franco-français a été organisé à propos de l’allocation universelle. Mais il en ressort, hélas, que le travail salarié, même aliénant, même pour produire n’importe quoi, d’inutiles gadgets ou des armes plus en plus diaboliques, peu importe, fait toujours l’objet d’une véritable vénération.

Il y a donc encore beaucoup à expliquer, à discuter, à découvrir et à faire découvrir, à réfléchir et à faire réfléchir.

C’est pour cela nous ne pouvons pas nous laisser aller au désespoir. Alors soyons optimistes pour cette simple et bonne raison qu’il reste encore tant à faire !


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.