États d’armes et états d’âmes

par  A. PRIME, L. GILOT
Publication : juin 1991
Mise en ligne : 18 mars 2006

 Hypocrites, Inconscients ou Irresponsables ?

Il est étonnant d’entendre les dirigeants des pays qui ont armé l’Irak, s’étonner que Saddam Hussein utilise contre les pauvres Kurdes les moyens qu’ils lui ont fournis. De même le cyclone du Bangladesh vient de faire des milliers de victimes dans ce pays qui est ravagé périodiquement depuis des décen nies, faute d’avoir construit suffisamment d’abris anti-cyclones et des digues en béton. Et la communauté internationale de s’apitoyer à juste titre sur cette catastrophe naturelle, contrairement à la première qui est due à la folie des hommes.

On pourrait multiplier les exemples dans ce monde bouleversé par les conflits locaux Ies cataclysmes et les famines, auxquels les gouvernements des pays riches et les organisations humanitaires tentent de faire face, parfois avec des moyens ridicules par rapport à l’ampleur des désastres. Dans le même temps hélas, tous les dirigeants poursuivent leur politique militaire et de fabrication d’armements qui engloutit chaque année des centaines de milliards, lesquels seraient pourtant plus utiles pour régler les problèmes sociaux et humanitaires. Les conférences du désarmement somnolent et les responsables ont le toupet de prétendre agir pour le bien des peuples ! Au contraire, ces ambassadeurs de la peur de l’autre, de la défiance et d’agressivité latente, perpétuent la militarisation mondiale aux dépens de l’amélioration des conditions de vie des pays pauvres et des exclus des pays riches.

Au cours de l’émission "Médiations" du 29 avril 1991 de Français de Closets sur TF1, on a pu ainsi entendre deux responsables de ventes d’armements proclamer avec le sourire que leur activité ne leur avait jamais causé d’états d’âme. Mais pour éprouver ceux-ci, peut être faut-il avoir une âme, c’est-à-dire du coeur et de la compassion envers les futures victimes, ou ceux qui souffrent et meurent quotidiennement de la pauvreté. On peut alors se demander si les dirigeants des divers pays et les autres décideurs de ce genre d’activités sont des hypocrites des inconscients ou des irresponsables ? L’exercice du pouvoir semble annihiler, en effet, certains principes humanistes. Et pourtant, la guerre du Golfe a prouvé le danger que constituait la vente d’armements à des pays totalitaires puisqu’ils peuvent s’en servir également contre les opposants à leur régime dictatorial. Après cette guerre on a parié de mettre en place un nouvel ordre international et admis la nécessité d’un contrôle des armements. Mais ces déclarations d’intention semblent s’estomper au fil des mois. Et certains préconisent même de réarmer l’Europe Alors qu’il faudrait que, sur proposition de la France, l’ONU décide l’interdiction des ventes d’armements aux pays dirigés par un pouvoir militaire ou un parti unique, bafouant les principes démocratiques, ainsi qu’aux pays du tiersmonde qui ne devraient s’endetter que pour l’achat des biens d’équipement et de développement.

En effet, la poursuite de la politique de militarisation mondiale, effectuée sous la pression des lobbies militaroindustriels, à l’Ouest comme à l’Est, ne peut que créer ici ou là des poudrières et des conflits. Cette politique insensée est de plus contraire à la volonté exprimée de lutter contre la faim dans le monde et le sous-développement.

L’économie distributive est peut-être une utopie pour nos détracteurs, mais la diminution des budgets militaires est possible. Encore faut-il une volonté politique de la part des grands hommes d’Etat dignes de ce nom.

(Léon Gilot)
 

 General Dynamics : dégraissage

Le constructeur aéronautique américain General Dynamics Corp. a annoncé 30.000 suppressions d’emplois, soit 30 % de son effectif, au cours des quatre prochaines années.

(Libération, 2 mai 1991)

Pourtant, c’est à cette firme que l’Egypte a passé commande, après la guerre du Golfe, de 46 avions F16 pour un montant de 1,54 milliards de dollars.

(voir GR Mai : Lu, vu, entendu).
(André Prime)
 

 La guerre des étoiles

Les recherches et expériences continuent, bien que Bush, au début de son mandat, ait laissé entendre que la fin de la guerre froide ne les justifiait plus. Aujourd’hui on ne cache pas que la dernière mission de Discovery, début mai, s’inscrit dans ce programme.

Les "dividendes de la paix" tant médiatisés après l’effondrement de l’Est, semblent bien aujourd’hui n’être qu’un leurre de plus.

(André Prime)

Brèves

12 avril 2019 - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.