La misère dans l’abondance

par  P. LECOCQ
Mise en ligne : 23 juin 2009

QUELQUES CHIFFRES EDIFIANTS
(Les données statistiques de ce papier sont puisées dans
le Nouvel Observateur, The Economist, commission de la C.E.E)

Il parait que dans les années qui viennent,
nous devrons vivre dans la rigueur et dans l’austérité
 : c’est LA CRISE ...!
Pourtant, aujourd’hui, le monde capitaliste regorge de tout (sauf d’emplois)
 : matières premières, pétrole, céréales,
viande, beurre, lait, aciers, capacités de production. Aux Etats-Unis,
un million de boisseaux de maïs ont rejoint, en 1985, les stocks
de l’année précédente. Les nouveaux producteurs
bradent leur fabrication, le Brésil son acier, l’Argentine son
blé, la Corée du Sud ses téléviseurs, la
Chine ses textiles, l’Arabie Saoudite sa pétrochimie. Et partout
les prix s’effondrent. Quant à la Communauté Economique
Européenne, elle a battu en 1985 tous ses records d’excédents.
Elle subventionne avec peine les exportations pour les rendre plus compétitives
sur le marché mondial. Et ce dumping contrarie le efforts des
pays en voie de développement pour accroître leur propre
agriculture. A fin novembre 1985, le Stock des Excédents Agricoles
de la C.E.E. s’établissait comme suit :
BEURRE 1,2 million de tonnes
POUDRE DE LAIT ECREME 0,5 million de tonnes
BOEUF 0,8 million de tonnes
BLE 12,2 millions de tonnes
ORGE 4,6 millions de tonnes
SEIGLE 1,1 million de tonnes
SUCRE 4,8 millions de tonnes
VIN 3,3 billions de litres.

C’est la Crise ?... Oui, mais de l’Economie de Marché
 !
II faut, dit-on, réduire le Chômage en « créant
des emplois ». L’expression « créer des emplois »
est une locution vicieuse : c’est confondre CAUSE ET EFFET. La création
d’un produit, la nécessité d’un service sont des CAUSES
qui auront pour EFFET des offres d’emplois. Mais il faut avoir le courage
de le dire :

IL N’Y AURA JAMAIS PLUS DE PLEIN EMPLOI A PLEIN TEMPS
 !

Tout le monde peut constater aujourd’hui qu’avec deux
millions et demi de chômeurs, l’Industrie, le Commerce et les
Services peuvent assurer pleinement tous les besoins. Alors, que va-t-on
proposer comme travail aux chômeurs ? De faire de la surproduction
dont on peut constater les résultats aberrants dans la politique
agricole ?
L’augmentation problématique du taux de croissance ne résoudra
pas le problème car le progrès foudroyant des technologies
oriente les investissements vers machines et robots qui se substituent
à l’homme avec une productivité supérieure et des
coûts inférieurs.
Il est temps que les « Experts » et autres « Economistes
 » voient les choses en face : la faillite de l’économie
de Marché.
Ce qui leur manque, c’est de l’audace et surtout de l’imagination.