Les Droits de l’Homme et les droits des multinationales

Publication : juin 2018
Mise en ligne : 11 décembre 2018

L’information suivante est diffusée par le CETIM (Centre Europe-Tiers Monde), pas par les “grands média” :

La multinationale Chevron est responsable de l’une des pires catastrophes pétrolières sur la planète. Pendant 26 ans, Chevron (alors Texaco) a extrait du pétrole dans l’Amazonie, en Équateur, et a pollué plus de 450.000 hectares d’une des régions les plus riches en biodiversité du monde, détruisant le lieu de vie et les moyens de subsistance de ses habitants. Chevron a versé dans la forêt tropicale équatorienne l’équivalent de 30 fois le pétrole échappé lors de la catastrophe de l’Exxon Valdez. Plus de 60 milliards de litres d’eau chargée de déchets toxiques se sont répandus dans les rivières et ruisseaux, et 880 fosses ont été creusées pour y entreposer les déchets d’hydrocarbure.

M. Michel Forst, Rapporteur spécial à lONU sur la situation des défenseurs des Droits de l’Homme

Après 22 années de litiges, et malgré une condamnation de la justice équatorienne, l’impunité continue pour Chevron. Les victimes de ses activités en Équateur attendent toujours justice et réparation. Chevron nie toute responsabilité et consacre d’énormes ressources et efforts pour contrecarrer le jugement, pour harceler les victimes et faire taire leurs défenseurs.

Le CETIM et ses partenaires pour la Défense des Droits de l’Homme ont soumis à l’ONU un rapport exhortant le gouvernement des États-Unis à faire cesser la criminalisation contre les personnes qui défendent les droits des habitants lésés par l’entreprise Chevron en Amazonie équatorienne. Le Rapporteur spécial de l’ONU, Michael Forst, a dénoncé la « partialité et autres irrégularités procédurales, y compris les abus dans les procédures judiciaires intentées par Chevron Corporation devant les tribunaux états-uniens ».

Mais le gouvernement des États-Unis a répondu que cela « concernait une affaire contentieuse privée à laquelle le gouvernement américain n’est pas et n’avait pas à prendre parti ».