Des autos miniatiures à la politique

Publication : février 1985
Mise en ligne : 2 mars 2009

Plusieurs lecteurs nous ont signalé une perle
à laquelle La Grande Relève offre son écrin : voici
le texte qu’a publié le journal Fonction Commerciale du 6 décembre
dernier, et que nous envoie P.A. de Chamalières :

« M. Emile Véron, P DG de l’entreprise
Majorette (jouets), lance un mouvement politique appelé « 
Réussir ».
Dans son programme, M. Véron préconise une augmentation
progressive de la durée du travail hebdomadaire, jusqu’à
43 heures, puisque, « avec les 39 heures, on a créé
des chômeurs », la liberté d’embauche et de licenciement,
la suppression de la taxe professionnelle, de l’impôt sur le revenu
pour 80 % des contribuables, la réduction du nombre de fonctionnaires
et une plus grande participation du personnel au capital des entreprises.
M. Véron a précisé qu’il espérait rassembler
10 000 personnes le 9 décembre à Lyon lors du premier
meeting de son mouvement et qu’il envisage de présenter des candidats
aux prochaines élections législatives. ».

A ce propos, H.B. de St-Jean-de-la- Porte, nous dit
qu’il a écouté quelques propos de ce génial Véron,
et nous les commente ainsi :
« Je pense qu’il envisage le futur comme sous le règne de
Charlemagne -et en ce sens, il ne diffère guère de nos
« grands économistes ». Sa proposition de porter
la semaine de travail à 43 heures sans augmentation de salaire
me paraît mirobolante... Tant mieux pour son entreprise si les
majorettes se vendent toujours bien... mais quand l’Occident en sera
saturé, il pourra toujours essayer de les vendre aux enfants
éthiopiens ou à ceux du Sahel.
Pour reprendre sa proposition... il envisage soit de vendre 10 % de
produits de plus, ce que je lui souhaite, soit, si la vente plafonne,
de réduire son personnel de 10 %. Ces 10 auront sans doute, dans
leur majorité, des difficultés à payer les « 
majorettes » à leurs enfants. A-t-il songé que ceci
risque de faire baisser ses ventes ?
Comme il paraît qu’il a beaucoup d’adeptes, tous les patrons,
grands, moyens et petits, vont suivre son exemple. Et voilà comment
nous aurons deux millions de personnes de plus sur le pavé !
Il veut redonner aux Français le goût de l’effort. Encore
faut-il leur donner un travail pour cela. Il peut toujours emboîter
le pas de Michel Albert qui, lui, compte résorber le chômage
en faisant fabriquer des bougies décoratives... C’est ça
qui va employer les centaines de milliers de gens que la grosse industrie
va mettre à la porte !
Et en plus, il veut réduire le nombre des fonctionnaires ! Ce
brave homme ne se rend pas compte, à l’instar de nos dirigeants
patronaux, politiques et syndicaux, qu’ils ne proposent que des replâtrages,
alors que lentement, mais sûrement, nous vous enfonçons
dans la m...
Il y a tout de même pour lui un grand espoir, s’il est un bon
croyant, ce que je crois. C’est que, en vertu de l’ordre divin « 
Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front », il aura
une place privilégiée au Paradis !