La démocratie et sa caricature

par  C. DESTEINT
Publication : novembre 1976
Mise en ligne : 12 mars 2008

On classait jadis les hommes selon qu’ils étaient puissants ou misérables. On range aujourd’hui les régimes politiques suivant qu’ils sont - ou non - pour la démocratie.
Cela permet aux uns comme aux autres de se proclamer plus démocrates que leurs adversaires.
Ce qu’on ne se demande jamais, c’est de quel genre de démocratie il s’agit...

LE PARAVENT DE LA CONFUSION

La nuance peut paraître superflue : la démocratie ça ne se détaille pas, la liberté non plus. Et pourtant, aussi surprenant que cela paraisse, le mot « démocratie  » comme le mot « liberté », jouit d’autant de définitions qu’il a de commentateurs.
Ce sont de ces mots que chacun comprend à sa manière. Quelle est la bonne ?
L’entretien de cette confusion permet aux gouvernants en place de s’abuser et surtout d’abuser le peuple sur le sens du mot. La démocratie, apparemment, c’est simple, cela consiste à pouvoir s’exprimer.
S’exprimer pour quoi ? Pour choisir. Mais choisir quoi ?

LE PIEGE DE L’ELECTORALISME

Si cela se limite à désigner Jules ou Jacques pour décider à votre place, c’est en effet fort limité.
Si cela consiste à définir une politique c’est mieux, le sens du mot démocratie devient plus profond. Pourtant cela ne suffit pas encore.
Jusqu’où va ce droit de choisir ? On peut le cantonner dans l’application de règles fixées d’avance et une fois pour toutes.
Mais il peut aussi bien concerner ces règles de base. Force est d’admettre que cette hypothèse n’a jamais été envisagée. Même quand on a demandé aux citoyens d’un pays d’approuver - ou de rejeter - une constitution, ce document ne précisait que les superstructures, jamais les mécanismes fondamentaux de la société.
Quelles règles de base ont, sur la vie sociale, les effets les plus directs et les plus importants ? On ne se pose pas la question.
Supposons que, par exception, on la pose. La réponse ne fait aucun doute, ce sont les règles économiques. Mais au mot « économie », qui semble avoir un sens restrictif - et qui est habituellement mal compris - nous préférons celui de « société » - car c’est bien de cela qu’il s’agit, en définitive.

SANS LE PEUPLE AU POUVOIR, PAS D’ESPOIR

Quand on nous parle de démocratie, nous demandons de quelle démocratie il s’agit. Et nous proposons un plan de société pour les hommes de ce temps qui ne doivent plus se nourrir d’illusions.
Nous demandons à nos contemporains d’admettre que la société doit être conçue pour leur rendre - ou pour leur donner - la parole qu’aucune « démocratie » ne leur a jusqu’à présent accordée choisir eux-mêmes leur propre mode de vie, sans aliénation.
Sans ce véritable pouvoir au peuple, tout n’est que tromperie et manoeuvres électorales.


Brèves

12 avril - Les Affranchis de l’an 2000

Fichiers ePub et PDF du livre Les Affranchis de l’an 2000 de Marie-Louise DUBOIN.