Au lecteur

par  J. DUBOIN
Mise en ligne : octobre 2005

Le “Droit au travail” est un groupement d’hommes qui se refusent d’admettre qu’il y ait toujours plus de misère sous prétexte, dit-on, qu’il y a trop de tout !

Trop de misère ! Oui. Trop de choses utiles ? Allons donc ! Comment ose-t-on parler de surproduction dans un pays où tant de familles manquent du nécessaire ?

Trop de tout ! Mais ne voilà-t-il pas que l’on détruit les choses utiles : on dénature le blé, on arrache les vignes, on détruit des métiers. Or déjà l’industrie et l’agriculturevont au ralenti ! Nous glissons ainsi tous dans la misère, au nom de principes économiques qui sont faux, archi-faux, car la science les a mis définitivement en déroute.

Le groupement “Droit au travail” le démontre et le répète partout.

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Pourquoi s’appelle-t-il “Droit au travail” ?

- Parce que, dans la société actuelle, celui qui n’a rien est obligé de travailler s’il veut vivre et faire vivre les siens. La société lui doit donc du travail, puisqu’elle en a fait l’équivalent du droit à la vie.

Mais la société actuelle peut-elle assurer du travail à tout ceux qui en réclament ? -Non. La présence de 30 millions de chômeurs dans le monde suffirait à le prouver, si le raisonnement ne permettait pas de démontrer que le chômage ne peut qu’aller en augmentant, au fur et à mesure que la science relève l’homme de son labeur. En conséquence, la société actuelle doit se transformer au plus tôt.

Dans quel sens ? - Dans le sens de l’adaptation sociale aux prodigieux progrès de la science qui ont permis de créer un fond commun de civilisation appartenant à tous les hommes, car ce sont toutes les générations antérieures qui ont permis de le constituer. On doit passer du stade de la civilisation de la rareté, au stade de la civilisation de l’abondance, en répartissant, entre tous, les travaux encore nécessaires et les loisirs heureux.

Cette transformation s’effectue toute seule, petit à petit, mais au prix de souffrances, de misères, peut-être même de guerre civile. On peut et on doit l’éviter, si les élites le comprennent et l’exigent.

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Le “Droit au travail” accueille tous les hommes et les femmes de bonne volonté, sans se soucier de leur origine, ni de leurs convictions politiques.

Notre groupement ne cherche pas à créer un nouveau parti. Ne sont-ils pas déjà trop nombreux ?

Il ne noyaute aucun parti existant. Bien au contraire, au radical il dit : reste radical ; au socialiste, il dit : reste socialiste ; au communiste, il dit : reste communiste ;au ligueur de droite ou de gauche, il dit : reste ligueur si cela te fait plaisir, mais à condition de ne pas cogner sur celui qui n’est pas de ton avis : la violence n’a jamais convaincu personne.

Mais radical, socialiste, communiste, ligueur, dis à tes camarades de parti ou de ligue : le seul problème qu’il faut résoudre est celui de savoir comment chacun de nous va pouvoir vivre demain !

Il existe une solidarité étroite (qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas) qui nous soude les uns aux autres et fait que nous sombrerons tous dans la misère, ou que nous vivrons tous heureux dans l’abondance. Personne ne se sauvera en faussant compagnie aux autres.

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Le “Droit au Travail” présente au lecteur le premier numéro de son organe : La Grande Relève des Hommes par la science. Il est rédigé bénévolement par des hommes qui se sont réunis pour faire une active propagande en faveur de ce qu’ils appellent : la « civilisation de l’abondance ».

Tous ceux qui sont de notre avis devraient nous apporter leur collaboration. On ne sera jamais trop nombreux pour faire comprendre que détruire des choses utiles aux hommes et même les empêcher de les créer, c’est reculer les limites de la bêtise humaine.