Les Américains ne sont pas tranquilles

par  I. de JOYEUSE
Publication : avril 1978
Mise en ligne : 1er septembre 2008

CHAQUE année 128 millions d’ordonnances prescrivant des narcotiques sont délivrées ; soit environ 1 milliard de doses de somnifères pour 1976. Les médecins se gardent bien de s’en octroyer pour leur usage personnel, par crainte de figurer parmi les 5 000 décédés annuels victimes dus somnifères et tranquillisants.
Les principaux consommateurs sont des malades urbains qui échappent

plus ou moins à la surveillance médicale. L’Américain moyen, avant de se mettre au lit, ingurgite un narcotique, sans même chercher à savoir si le sommeil ne viendra pas le saisir aussitôt allongé sur sa couche.
L’Institut national de lutte contre l’abus des produits pharmaceutiques (qui communique ces chiffres) estimant la situation grave a décidé une campagne d’information auprès du public, complétée par une autre auprès des médecins pour qu’ils limitent les durées du traitement.
On peut deviner aisément que l’industrie pharmaceutique est, en ce domaine, en faveur de la « liberté » de consommation pour les citoyens et celle de prescription pour les praticiens. L’application de mesures restrictives, entraînées par laprise de conscience de la nocivité des tranquillisants, amènerait une mévente de ces produits et, corrélativement, des licenciements dans les usines et laboratoires producteurs. Les licenciés ne pourraient faire autrement que réduire leur consommacion, en tous domaines, entraînant encore d’autres Paralysies.
Dormir... à n’importe quel risque ! Un cercle vicieux qui n’est pas onirique.