Les joies de l’économie des ressources

par  F. BRADBURY
Publication : mai 1990
Mise en ligne : 23 mars 2009

Dans nos numéros 881,883,885 et 887, nous avons publié notre traduction d’une proposition de réformes qui nous vient du Royaume-Uni, tendant à substituer aux multiples taxes en vigueur une taxe unique basée sur l’énergie. Voici la suite de cette traduction.

5 - 2 Comment y arriver ? Tout d’abord il faut rendre égales valeur énergétique (c’est à dire le facteur commun à toute création de richesse et de consommation) et valeur monétaire (c’est à dire le facteur commun à tous les échanges économiques). Du gâteau. La relation entre énergie et monnaie est facile à établir parce que la monnaie est de toute façon une denrée arbitraire. Tout ce que nous faisons consiste à donner une "valeur sociale" à l’énergie (et donc à toutes les autres ressources matérielles puisque de l’énergie est utilisée dans tous les processus de fabrication, de transport, de valeur ajoutée et de coût ajouté). C’est ce que nous faisons en ajoutant un droit de rente (une taxe sur les ressources) appelée TAXE UNIQUE à la source économique de l’énergie. Ainsi l’activité économique d’une société quelconque, mesurée précisément par le nombre d’unités énergétiques qu’elle dépense pour sa propre consommation, crée de la monnaie par l’intermédiaire de la TAXE UNIQUE pour ses besoins civils (revenu social des citoyens).

5 - 3 La réaction primaire et immédiate de nombreux industriels à la suggestion d’augmenter le prix de l’énergie est une réaction d’horreur. Les politiciens expriment de l’incrédulité et murmurent " taxe rétrograde". L’Industriel a tort parce que la TAXE UNIQUE remplace toutes les autres taxes, et notamment la TVA, (dans les pays européens) de sorte que le coût global de production reste à peu près le même, tandis que le coût de la vie à tendance à baisser par suite de l’absence d’évasion fiscale et de l’amélioration de l’efficacité administrative. Ils peuvent aussi sentir un élément de protection dans notre Proposition d’Economie des Ressources. Toutes les importations sont taxées équitablement sur leur "Contenu Légal en Energie Primaire" et le coût des exportations étant abaissé. Les politiciens ont tort parce qu’ils ne voient qu’à court terme (ce qui, comme la TVA, est rétrograde) et oublient le caractère naturellement progressiste de la taxe sur les ressources  : plus le niveau de vie est élevé et plus la consommation est grande.

5 - 4 Notre proposition est donc que la transition vers l’Economie des Ressources commence en Europe (ou dans un ou plusieurs pays d’Europe) par le remplacement direct de la TVA par une TAXE UNIQUE équivalente à 5 Ecu par gigajoule d’énergie primaire. Nous préparons maintenant la Proposition pour l’Economie des Ressources pour la soumettre (en plusieurs langues) à la Commission Européenne.

6 - Les avantages

6 - 1 La beauté de cet arrangement est que, sans sacrifier un sou du revenu de l’Etat, il fournit une incitation naturelle à économiser les ressources (1) et qu’en supprimant les taxes qui pénalisent le travail qui ajoute de la valeur, il encourage au contraire l’emploi. Le flux naturel d’énergie est exactement et inévitablement lié à l’activité économiqueet il n’y a pas de paperasse en aval de sa source économique. Ainsi les confusions et les anomalies qui résultent des règles et des définitions établies sur l’assujettissement et les exemptions de l’ancienne imposition disparaissent pour être remplacées simplement par un brillant ensemble de réglements simples, scientifiquement exacts, appliqués uniquement à la source économique, professionnellement administrée, de l’énergie primaire et des produits importés. La difficulté qu’on rencontre pour unifier la TVA en Europe est évitée par la Taxe Unique. Parmi les problèmes notables liés à la TVA, il faut souligner ceux qui concernent la qualité de la vie : allégement du financement des activités sportives, des arts (théatres, galeries d’arts, livres,...), des organisations culturelles, sociales et charitables (dont beaucoup ont tendance à être intensives en travail plus qu’en argent). On élimine aussi beaucoup de procédures de contrôle, ce qui réduit les conflits entre les fonctionnaires et le reste de la société.

6 - 2 L’abolition systématique et pas à pas des taxes actuelles qui, à côté de la distorsion souvent ridicule du planning et de l’activité économique, pénalisent sévèrement la création de richesse, doit conduire simplement, du fait de leur disparition, à de nombreux avantages. Notez bien que la suppression politique des différentes taxes demandera beaucoup de temps. Qu’à cela ne tienne, l’Economie des Ressources peut s’accomoder de ces petits inconvénients : il n’y a pas d’obligation à se débarasser de toutes les autres taxes. C’est simplement avec le temps qu’on s’apercevra probablement qu’elles sont inefficaces et anti-productives. Elles sont remplacées progressivement par un système de taxe unique sur les ressources qui empêche le gaspillage des ressources tout en encourageant l’emploi efficace avec des horaires réduits .
(à suivre).

(1) Dans tout cet article , le terme "ressources" désigne les ressources matérielles et non les ressources humaines ou monétaires.