Après la nuit... pointe le jour ?

par  R. CARPENTIER
Publication : novembre 1989
Mise en ligne : 4 mai 2009

Sur le monde, partout, mon regard se promène ;
Je n’y vois que laideur et me dis angoissé
Quel est donc l’avenir de notre race humaine ?
Comment l’Etre pensant a-t-il pu "s’empoisser" ?

Pourquoi n’a-t-il pas su, par sa nature, vivre
Par l’avantage inné de "l’Esprit" supérieur ?
Et fuir, par la Raison, afin qu’il s’en délivre
Cet égoïsme issu d’abord de la frayeur ?

Pourquoi délaissa-t-il sa faculté mentale ?
Ce pouvoir de penser, comment l’a-t-il perdu ?
Privé du jugement, la confusion s’installe
Créant l’esprit troupeau, niant l’individu.

L’ignorance primaire a provoqué la peur ;
D’elle les religions jaillirent "spontanées" ;
Le malléable esprit, plongé dans la torpeur,
Chût dans la soumission pour des milliers d’années !

La misère est le lot des croyants en des dieux,
Gourous, superstitions et entités débiles,
Prêches d’abêtisseurs, moralistes odieux ;
Opium anesthésiant pour les foules dociles !

De plus, par la violence au secours de la foi,
Les "sabre et goupillon" vont de pair et protègent
Tous les accapareurs et ceux qui font la loi
Pauvre peuple ingénu, ferment des privilèges !

Les banques et la Bourse accaparent ce monde ;
Attirés par le lucre, assoiffés de pouvoir,
Des malades mentaux, à la conscience immonde,
S’affirment "race élue", afin de promouvoir

Par la loi de marché, celle de concurrence ;
Ils relèguent le faible, ou le peuple, à l’écart
Du partage des Biens ; lequel en l’occurrence
Est sciemment exploité pour les enrichir. Car,

Pour faire des profits, qu’importe la conscience !
Il faut accumuler sans cesse de l’argent.
Tous les moyens sont bons pour détourner la science,
Et corrompre les coeurs, affamer l’indigent !

L’absurde est général et le luxe arrogant.
.. Pervertis les esprits par l’aimant des monnaies ;
Le F.M.I. Seigneur et puissant ouragan,
Soumet les malheureux aux "manches galonnées" !

Les trafiquants de drogue et les fabricants d’armes
Ne s’embarrassent point de sentiments humains ;
Peu leur chaut la douleur, la faim, sources de larmes,
Le Veau d’Or est leur dieu dont ils sont les Bramins !

Pourtant ils savent que toute l’humanité
Va sombrer, par leur faute, en une mort certaine ;
Mais .. leur cupidité, primant leur vanité,
Aussi, dans le Néant, avec nous les entraine !

Auteurs des pollutions des eaux, des aliments,
De l’air et de la terre et toute la nature,
Ils le sont des cancers, des sidas...
Détriments Infligés à la Vie, entrainant la rupture.

Du cycle naturel de la cause à l’effet ;
L’évolution étant effet de l’existence,
En détourner le but est commettre un forfait !
Dont la loi du profit assume la sentence.

Inévitablement, par la faim apparut
Le "camp" des dominés et celui qui commande ;
Le sentiment banni, chacun a recouru
Le "faible" en l’orémus, l’autre en la réprimande !

Ainsi, par âpreté le "fort" s’est octroyé
Le "droit" d’accaparer les produits qu’il consomme ;
Son instinct animal l’a fait se fourvoyer,
En étouffant en lui la Raison qui fait l’homme !

"Logique égarement" du temps de rareté
Des produits essentiels permettant la survie...
Mais ce comportement frappa de pauvreté,
Impitoyablement, une plèbe asservie.