Planète en danger

par  E. BARREAU
Mise en ligne : 13 août 2007

Sans remonter jusqu’au fameux “Big-Bang” d’où serait issu l’Univers il y a quinze milliards d’années, la patiente et complexe organisation évolutive de la nature conduit à notre planète mère nourricière, dont nous sommes vitalement dépendants.

Cette planète de 40.000 kilomètres de circonférence, âgée de 4.600.000.000 d’années, approximativement, où, dans un contexte spécifique, tous les éléments se trouvèrent réunis pour qu’apparaisse et se développe la vie végétale et animale, n’est pas extensible, par opposition aux termes d’expansion, de domination, de contrainte et d’atteintes vitales tous azimuts chers aux inconditionnels et autres thuriféraires de l’économie mercantile.

Le S.O.S. des scientifiques

À travers cette fantastique et énigmatique évolution, dont, pas à pas, la science pénètre les arcanes, et après que des écolos (parfois traités de rigolos !) aient alerté leurs contemporains, voici que des sommités scientifiques lancent un appel solennel à l’humanité, en premier lieu à ceux qui détiennent des pouvoirs et des responsabilités. Un appel qui demande instamment de prendre conscience de sa gravité, en démontrant, d’une part, l’importance des dégâts actuellement subis par l’écosystème, et d’autre part, que si l’on n’arrête pas ce processus, cette voie est dangereuse, elle conduit potentiellement, à terme, au terminus fatal, c’est à dire à “la fin de la vie sur terre”, car le compte à rebours s’égrène, toute sinistrose exclue.

Qu’expliquent intrinsèquement ces scientifiques, non conditionnés par la société de profit qui génère les faits incriminés ? Que disent ces savants physiciens, astrophysiciens, océanographes, biologistes, dont les connaissances, la rigueur et la démonstration analytique ne peuvent être mises en doute ?

— Que la somme des pollutions est supérieure à la capacité de renouvellement des éléments détruits. Autrement dit que la Terre ne peut pas digérer un tel volume accumulé de déchets, en même temps qu’elle ne peut pas réparer la somme des massacres écologiques perpétrés par l’homme.

Fragile, l’écosystème est rompu et la vie est en danger.

Sans changement de cap, et d’après les chiffres fournis par l’astrophysicien Hubert Reeves, au cours de la décennie qui se présente les signes du compte à rebours vont s’accentuer. Quant à la disparition partielle, ou totale de la vie, même s’il n’y a rien de formel en ce qui concerne la date du zéro fatidique éventuel, l’avertissement ne mérite-t-il pas d’être pris-au sérieux ? Dans la relativité du temps et de l’espace, que représente un siècle, trois générations environ ? — Un bref instant dans l’éternité !

À l’échelle cosmique

L’échelle cosmique démontre l’inanité du comportement humain vis à vis de l’équilibre des lois naturelles qui sont transgressées. Comparons les chiffres en années. L’univers en a 15 milliards, la Terre, 4,6 et la matière animée (les premières bactéries) y serait apparue 1,5 milliard d’années plus tard. Après quoi l’évolution, toujours plus complexe, parfois ralentie ou suspendue (ères glaciaires) amène aux lémuriens dont la lignée, en soixante millions d’années, voit naître les singes et les primates, puis l’homme, pour arriver il y a 100.000 ans à l’homme de Néandertal puis l’homme actuel, dans le cerveau duquel sont agencées 3.10 28 particules élémentaires (30 milliards de milliards de milliards de particules) qui le différencient des autres animaux. Cet agencement est-il celui de l’intelligence ? La preuve reste à faire !

Au dernier animal apparu sur terre, l’homme, le prédateur, il n’a fallu, depuis l’essor accéléré de l’ère industrielle jusqu’à nos jours, guère plus d’un siècle pour battre en brèche les éléments constitutifs de la vie, qui avaient été élaborés au cours de milliards d’années, par phases successives !

Conclusion

Au nom de quoi, pour quoi cet acharnement, cette paranoïa destructrice ?

— Si les causes en sont complexes et diffuses, les zones d‘ombre s’estompent dès que l’on focalise les activités strictement vénales qui font fi de tout ce qui n’entre pas dans le créneau d’un profit financier : la bourse avant la vie !

Ou bien la vie avant, ou sans la Bourse ? Telle est l’alternative posée aux terriens en ce début de siècle.

Lors d’une récente émission de télévision, l’aréopage de scientifiques réuni sur le plateau ignorait-il cette dimension économique ? Sinon, pourquoi leur silence à ce sujet ? La dimension monétaire leur échapperait-elle, alors que l’évidence saute aux yeux ? Résoudre un problème de cette envergure implique, en premier lieu, une transformation monétaire sans laquelle le reste relève de l’illusion ! Peut-on confondre, sciemment ou non, progrès socialement utile et productivisme, avec son corollaire de pollution, de déforestation, de remembrement intempestif et de gaspillage ? Qui peut ignorer qu’une telle société génère sa propre destruction ?

Cette bataille insensée de l’homme contre la nature, c’est-à-dire contre sa propre existence, ne peut aboutir, et dans le meilleur des cas, qu’à une victoire à la Pyrrhus ! Patiente, silencieuse, la nature a toujours le dernier mot. Ne serait-il pas plus intelligent de la respecter ? Si les savants ont raison, l’homme serait-il devenu fou au point de se trucider collectivement ? Et au nom d’un mythe, l’argent, rimant avec néant parce qu’artificiellement détourné de son rôle initial ! Vouloir sauver la vie sur la planète, n’est-ce pas s’attaquer au SIDA qui la ronge, le syndrome infantile de l’argent ?