Témoignage

par  B. BLAVETTE
Publication : mai 2016
Mise en ligne : 30 juillet 2016

Ce jeudi 12 mai, Bernard nous a envoyé le message suivant pour témoigner de ce qu’il venait d’observer à Paris :

Je viens de participer à la manif intersyndicale d’aujourd’hui de Denfert aux Invalides et je tiens à vous faire part à chaud, sans aucun commentaire, des faits dont j’ai été le témoin.

La manif n’était malheureusement pas très fournie et je suis remonté rapidement jusqu’au carré de tête où défilent les dirigeants syndicaux et j’ai pu admirer la belle moustache de Martinez. Le cortège était précédé de plusieurs dizaines de CRS, lourdement arnachés, qui ouvraient donc la marche officiellement « pour nous protéger », un hélicoptère nous survolait.

Brusquement un certain nombre d’ individus (je pense 100 à 150) diversement cagoulés se sont insérés entre le carré de tête et le reste de la manif. Plutôt énervés ils ont commencé à casser du mobilier urbain et peut-être quelques vitrines, tout en perturbant sérieusement la marche du cortège.

Les CRS de tête ou des rues adjacentes n’ont pratiquement rien fait pour les déloger, seulement quelques charges suivies d’un rapide repli.

Pourtant vers le fin de la manif les « cagoulés » ont débordé le carré de tête par les contre allées de droite et de gauche l’encerclant presque complètement et chargeant aux cris de « syndicats collabos ! ». Les pierres et les pots de fleurs d’un restaurant ont commencé à pleuvoir dans la direction des dirigeants syndicaux. Tout le monde s’est alors tourné vers nos protecteurs caparaçonnés mais, oh surprise !, plus un seul CRS en vue, alors qu’ils étaient plusieurs dizaines à nous précéder un instant auparavant.

Heureusement, le service d’ordre de la CGT à très rapidement réagi et, sortant de courtes matraques, ils ont réussi à contenir les attaquants effectuant ainsi le travail normalement dévolu aux « forces de l’ordre ». Sans eux nous aurions surement pris quelques mauvais coups.

En arrivant devant les Invalides, les CRS réapparurent et nous accueillirent avec quelques lacrymogènes sans raison évidente.

M’approchant d’un cordon de CRS, j’ai demandé poliment pourquoi ils n’étaient pas intervenus lors de l’attaque alors qu’ils étaient payés pour nous protéger. L’un d’eux m’a répondu « Monsieur il vaudrait mieux pour vous que vous rentriez chez vous ».

J’ai fait part à deux élus (un Vert et un Front de Gauche) de ce dont j’avais été le témoin. Ils m’ont déclaré n’être pas étonnés car les “cagoulés” avaient déjà plusieurs fois attaqué le cortège sans que la police n’intervienne. Mais c’est la première fois semble-t-il qu’ils s’en prennent directement aux dirigeants syndicaux.

Voilà donc ce dont j’ai été le témoin aujourd’hui et je me demande si les médias y feront allusion. En tous les cas chacun pourra en tirer ses propres conclusions...